Cette semaine, on craque pour… Cirkopolis, Jeune et jolie, de Ozon, à Cinemania, At Berkeley aux RIDM, Arctic Defenders aux RIDM, Non-aventures de Jimmy Beaulieu, Le passé à Cinemania et le nouveau roman de Douglas Kennedy.

Art-7e-ciel-GameoT1. Cirkopolis
Une nouvelle création du Cirque Éloize arrive toujours comme un cadeau de Noël en avance. Après l’époustouflant iD, c’est au tour de Cirkopolis de débarquer à Montréal, et force est de constater que l’association entre Jeannot Painchaud et le chorégraphe Dave St-Pierre est une combinaison gagnante. Le spectacle s’ouvre sur un univers de bureau gris, anonyme… et l’explosion de couleurs, d’acrobaties impressionnantes et de numéros de danse sur une trame sonore exquise qui s’ensuit n’en est que plus fascinante. On retiendra particulièrement un numéro de diabolo à couper le souffle, un autre, magnifique, de roue allemande (photo), et que dire de la chorégraphie au trapèze… Au Théâtre Maisonneuve jusqu’au 7 décembre. (Jessica Émond-Ferrat)

Art-7e-ciel-Banlieue-copie-decran-22. Jeune et jolie, de Ozon, à Cinemania
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans, récitent, l’un après l’autre, les élèves… Au milieu d’eux, Isabelle (Marine Vacth), jeune fille à la beauté presque douloureuse, récite elle aussi. Mais quand c’est elle qui les dit, les mots prennent un tout autre sens. Parce que, à 17 ans, elle a un vécu différent de celui de ses camarades. Mais commençons par le début, celui du film. C’est la plage, c’est le soleil, c’est l’amour d’été qui n’a pas la douceur qu’on voudrait, le garçon qui fait ça un peu n’importe comment. Blessée, Isabelle rentre de vacances et commence à se prostituer. Le regard perdu, elle enchaîne les clients plus vieux, alors que s’accumulent, dans sa petite sacoche cachée au fond du placard, les billets de 100, 200, 500 euros. Sa mère ne voit pas, son beau-père ne comprend rien. En quatre saisons, François Ozon (Swimming Pool, 5X2…) nous présente cette jeune femme qui se cherche, ses parents déconnectés, la douleur sourde de ces 17 ans pas sérieux. Un film comme un profond malaise, injecté de mal-être, bouleversant. Vendredi à 15 h 15 à l’Impérial. (Natalia Wysocka)

Art-7e-ciel-King3.At Berkeley aux RIDM
At Berkeley nous plonge pendant quatre heures – et quelques secondes – dans la communauté du campus californien. Séquence après séquence, le documentaire nous transporte d’une réunion d’administrateurs à un cours animé sur le capitalisme et l’accès à l’éducation, d’une représentation théâtrale sur Facebook au test d’un robot de haute technologie manipulant une serviette, de l’installation de bitume dans une section du campus à une manifestation étudiante, etc. Sans commentaires, sans voix off, sans aucun titre à l’écran, le documentariste vétéran Frederick Wiseman tisse sa toile de fond. Sans jamais nous ennuyer, il nous fait réfléchir au défi, pour une université d’excellence, de conserver son caractère public et son ouverture à la diversité à l’heure où les subventions publiques fondent. At Berkeley est aussi un hymne à la démocratie et à la richesse d’une communauté. Samedi à 14 h au Cinéma du Parc. (Baptiste Barbe)

Art-7e-ciel-Grain-de-ciel_C1004. Arctic Defenders aux RIDM
C’est un documentaire sur la rude bataille des Inuits que nous présente le réalisateur montréalais John Walker. Dans ce long métrage présenté au Cinéma du Parc samedi (17h15), ainsi que lundi et vendredi prochains dans d’autres salles, nous sommes plongé dans une saga qui rappelle comment ce peuple a été installé de force sur des îles du Haut-Arctique. À la faveur de divers témoignages, on découvre les agissements atroces des colonisateurs canadiens et on comprend mieux le désir des Inuits de créer le Nunavut, en 1999. La passion du réalisateur pour le sujet nous permet d’avoir accès à des images d’archives impressionnantes. Bien que la deuxième moitié du film soit moins captivante, les protagonistes sont si touchants qu’on reste accroché jusqu’à la fin. (Daphnée Hacker-B.)

Art-7eciel-How-To-Survive-a-Plague5. Non-aventures de Jimmy Beaulieu
Dans la même veine que ses collègues bédéistes Michel Rabagliati et Guy Delisle, Jimmy Beaulieu s’impose avec son style où les histoires du quotidien, légères mais si réconfortantes, forment le centre de l’œuvre. Dans cet album qui regroupe plusieurs des œuvres autobiographiques déjà publiées ainsi que plusieurs pages inédites, l’auteur nous plonge dans son monde, là où la quête de l’être aimé, les choix de carrière, les angoisses de la mi-vingtaine et les histoires d’enfance sont doucement accompagnés de dessins au trait tantôt soyeux, tantôt franc, mais toujours plein d’humanité. Passant rapidement d’une histoire à une autre, de son enfance à l’âge adulte, de ses histoires de cœur à ses voyages entre bédéistes, Jimmy Beaulieu a le don de nous plonger dans son monde qui, sans être extraordinaire, est d’une attachante vérité. (Laurence Houde-Roy)

Young Ghosts Clothing6. Le passé à Cinemania
Si vous avez raté la projection d’ouverture de Cinemania, mais que vous n’avez pas envie d’attendre cet hiver avant de voir le dernier (et excellent) film d’Asghar Farhadi, sachez que le festival a prévu une seconde projection samedi à 21 h au cinéma Impérial. Et croyez-nous, le film en vaut le détour. Pour le trio d’acteurs – Bérénice Bejo (photo), Ali Mossafa et Tahar Rahim – qui expriment les souffrances et culpabilités respectives de leurs personnages avec sobriété et justesse. Pour l’analyse subtile que fait Farhadi desdites souffrances et culpabilités, au cœur desquelles on retrouve une famille recomposée de manière bancale à la suite d’un événement tragique. Et pour sa façon d’exploiter aussi bien les dialogues que les silences fort éloquents – la scène finale en étant l’expression. (Jessica Émond-Ferrat)

Art-7e-ciel-True-Blood_C1007. Le nouveau roman de Douglas Kennedy
En Cinq jours, Laura, femme dans la quarantaine, technicienne en radiologie, résidante du Maine et mère de deux enfants, verra sa vie, ordinaire, changer du tout au tout. Ou du moins verra-t-elle poindre la promesse d’un possible changement. Malheureuse, depuis un moment déjà, sans même le savoir, ou vouloir se l’avouer, elle croise la route d’un comptable bavard dans le cadre d’un congrès. Cette rencontre sert de déclic à un déluge de sentiments et de souvenirs enfouis. Même si elle tente de nous convaincre qu’elle est une grande fan de Nirvana quand elle entend de jeunes musiciens, dans la rue, «interpréter le superbe thème de Kurt Cobain, I Wanna Be Your Dog» (sic), on s’attache à cette héroïne coincée dans une vie qu’elle n’aime pas, ignorée par son mari, malade de solitude, qui se dévoue corps et âme pour ses enfants, pour ses patients et pour faire croire à tout le monde que tout va bien. Comme souvent chez Douglas Kennedy, il est question de la quête du bonheur, de l’impossibilité de l’atteindre, d’un quotidien dans lequel on s’enlise malgré soi… parce que, «changer, c’est compliqué». En effet. (Natalia Wysocka)

On se désole pour…

Art-7e-ciel-ENFER-Amanda-Bynes_CCLa galère qui n’en finit plus de finir
Que se passe-t-il avec La Galère? Comment est-ce devenu aussi loufoque? Alors que les cinq précédentes saisons conservaient toujours un minimum de vraisemblance, les intrigues de cette sixième saison sont tout à fait burlesques et les quatre amies semblent toutes être tombées sur la tête ou avoir laissé leur cerveau au vestiaire. Trois grossesses en même temps… était-ce nécessaire? Et les délires de Claude, autrefois rigolos, sont maintenant sans queue ni tête (sans vouloir faire de jeu de mots)! Espérons que Renée-Claude Brazeau réussira à boucler la série en beauté lundi à 21 h pour qu’on oublie cette sixième et dernière saison décevante.  (Audrey Lavoie et Jennifer Guthrie)

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