Collaboration spéciale Maxime Collins

Maxime Collins blogue depuis 1998 sur son site Pile ou Face. Il a fait des études littéraires, publié quelques nouvelles et romans. Peut-être jamais est son sixième livre.

En une phrase, de quoi traite votre dernier livre?
C’est un roman qui se penche sur les dépendances, les jeux de pouvoir, la quête identitaire et les deuils inévitables que l’on doit affronter lorsqu’on devient prisonnier d’une relation toxique.

Que lisez-vous présentement?
L’autobiographie Mes vies de l’écrivain américain Edmund White. Je l’ai découvert grâce à Christiane Charette qui l’avait invité à son excellente émission estivale 125, Marie-Anne.

Qui sont vos trois auteurs préférés?
Stefan Zweig, un écrivain autrichien qui a toujours le mot juste. Kundera, parce que son discours sur la vie et l’exil me touche énormément. Et Yvon Rivard, écrivain québécois que je respecte beaucoup; son roman Le milieu du jour est un livre qu’il faut absolument avoir lu.

Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture?
La télé! Dans mon enfance, je m’inspirais des téléromans pour adultes (que je n’aurais pas dû regarder à cet âge!) pour écrire des scénarios de téléséries. C’est la série Scoop qui m’a donné l’envie d’écrire ma propre émission.

Chaque écrivain a des routines d’écriture qui lui sont propres, quelles sont les vôtres?
J’écris surtout par périodes intensives. Souvent quand je vis une expérience qui me bouleverse. L’écriture est pour moi une sorte d’analyse qui me donne le recul nécessaire pour évaluer les situations qui se présentent dans mon quotidien. Ma seule vraie «manie» est d’écrire à la main. Il faut que je sente les mots couler sur le papier et l’inspiration me vient toujours plus facilement en guidant un crayon plutôt qu’en tapant sur un clavier.

En tant qu’auteur, quelle est votre plus grande peur?
Être incapable de changer de genre littéraire. Depuis mon premier roman, à 17 ans, j’ai adopté le genre de l’autofiction. Chez mes personnages, la recherche de l’identité sexuelle est un parcours inévitable. Avec Peut-être jamais, je termine le cycle de cette quête, et la seule angoisse qui me tourmente est de connaître la suite des choses, de savoir si je pourrai écrire sur une autre thématique.

Quelle est votre expression ou citation favorite?
C’est une citation toute simple de Gore Vidal, dans le roman The City and the Pillar, dont on devrait se souvenir à chaque peine d’amour: «I think love is always a tragic thing, for everyone, always. But that’s what makes life interesting. How can we value anything until it’s gone?» (Je crois que l’amour est toujours quelque chose de tragique, pour tout le monde, toujours. Mais c’est ce qui rend la vie intéressante. Comment pourrions-nous reconnaître la valeur de quoi que ce soit avant sa disparition?)

Quel livre auriez-vous aimé écrire?
La confusion des sentiments de Stefan Zweig, car l’écrivain y expose magnifiquement bien la passion dévorante, les tabous et les interdits, mais surtout cette dualité chez certains hommes, qui semblent traîner un secret pesant, comme si l’amour éprouvé pour un de leur semblable devenait un monstre terrifiant qu’ils ne peuvent combattre.

Quel est votre pire défaut en tant qu’auteur?
Mes périodes d’écriture les plus fastes se produisent quand je vis des événements dramatiques. Impossible d’ignorer ce fait, et je ne suis certainement pas le seul auteur pour qui l’écriture s’effectue en réponse à une certaine douleur. J’écris souvent dans la nostalgie d’une situation révolue. J’ai cette impression, peut-être biaisée, d’aller chercher une certaine vérité derrière ma mélancolie.

De quoi êtes-vous le plus fier en tant qu’auteur?
De toujours oser un peu plus, d’aller sans cesse un peu plus loin dans le dépassement des tabous, et de ne pas m’en faire avec les préjugés. Il n’y a pas de meilleure récompense que celle de recevoir un message d’un lecteur qui s’est reconnu dans le parcours de l’un de mes personnages. Écrire est un combat incessant contre l’autocensure.

Que préférez-vous dans l’écriture? Qu’aimez-vous le moins?
J’aime le sentiment de liberté, cette impression que tout est possible, que tout peut être dit. Le «premier jet» reste toujours une expérience un peu ésotérique, quelque chose qui marque, et ce, peu importe ce qu’il en restera. Ce que j’aime un peu moins, c’est m’obliger à m’arrêter. Terminer un livre. Prendre la décision d’écrire le mot «FIN», car je pourrais modifier chaque phrase des années durant. Et pourtant, il faut se forcer, s’arrêter pour de bon, se dire que c’est assez. Sentiment déchirant, malgré l’accomplissement, car c’est toujours comme si on quittait une famille ou des amis qu’on ne devait plus jamais revoir.

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