Walt Disney pictures Angelina Jolie joue la célèbre sorcière de La belle au bois dormant dans le film Maleficent.

La lauréate d’un Oscar Angelina Jolie apprend à cesser de se faire du mauvais sang et à assumer son rôle de méchante dans Maleficent.

Quand on se fait offrir le rôle-titre de Maleficent (Maléfique), qui raconte l’histoire de La belle au bois dormant du point de vue de la méchante fée, la réponse semble évidente: on dit oui. Mais au départ, Angelina Jolie a eu un doute. «Ça me rendait un peu nerveuse de jouer ce rôle. Je n’ai pas une grande voix théâtrale. Je fais rarement des trucs comiques. Alors, ça me semblait une idée complètement folle. Moi, une fée? “Comment a été ta journée, chérie?” “J’étais une fée…” se souvient-elle avoir dit à son mari Brad Pitt. C’était tout un défi pour moi, en tant qu’actrice, de jouer un personnage sans me prendre au sérieux, sans le faire pour moi-même ou pour l’art – mais simplement pour me souvenir ce que c’est de jouer, de divertir, d’oser quelque chose.»

Mais une fois qu’elle a été affublée des cornes et de la coiffe, et que ses pommettes et sont nez ont été remodelés, elle s’est abandonnée. «Il n’y a pas de demi-mesure. Si vous jouez la méchante fée, vous ne pouvez pas la jouer à moitié. Il faut y aller à fond et avoir du plaisir, dit-elle. La version originale, dans le dessin animé, était tellement bien faite, et sa voix était tellement formidable. S’il y a quelque chose qui m’inquiétait, c’était de ruiner le souvenir de la version originale. Alors, j’ai énormément pratiqué avec mes enfants comme public. Quand j’ai réussi à les faire rire, je me suis dit que je tenais quelque chose. Enfin, ils ont ri, et ils ont pleuré…»

Parlant de faire pleurer et rire les enfants, Jolie ne s’inquiète pas du fait que certains parents puissent trouver certains éléments plus sombres de Maleficent trop effrayants pour leurs enfants. «Je crois que les enfants sont capables d’en prendre… et qu’ils sont intéressés par des choses beaucoup plus profondes que ce que les gens croient, affirme-t-elle. Je pense que c’est pour cette raison que, souvent, on simplifie beaucoup trop les choses pour eux. Les gens demandent si un film comme Maleficent est trop sombre pour les enfants? Absolument pas.»

L’actrice agit de façon conséquente avec ses propres enfants, puisqu’elle a laissé sa fille encore bébé, Vivienne, apparaître dans le film – une nécessité, étant donné que les enfants qui n’avaient pas établi de lien affectif avec Jolie était trop effrayés par elle en la voyant costumée et maquillée. «Un des enfants a complètement figé et s’est mis à pleurer. C’était de la terreur pure. Je me sentais tellement mal!» raconte la comédienne.

Mais Angelina Jolie espère que l’apparition de Vivienne dans le film ne crée pas un précédent et n’incite pas ses enfants à devenir acteurs. «Je veux que ce soit pour le plaisir, dit-elle. Si, quand ils seront plus grands, ils veulent devenir acteurs, je leur demanderai seulement que ça ne devienne pas le centre de leur vie. Ça en fait partie, mais j’aimerais qu’ils fassent plusieurs autres choses de leur vie et soient impliqués dans plusieurs autres projets, parce que je ne crois pas que ce soit sain de faire du concentrer sur le métier d’acteur comme le centre d’une vie.»

L’homme de la situation

L’acteur sud-africain Sharlto Copley a beaucoup réfléchi aux choix que son personnage, Stefan, fait dans Maleficent: trahir la fée jouée par Angelina Jolie et pousser celle-ci à vouloir se venger. Ce qui est rapidement devenu une réflexion sur la société, le rôle des hommes et des femmes et l’ego masculin.

Stefan est plus ou moins le méchant dans cette histoire, mais tout n’est pas aussi simple, n’est-ce pas?
Je n’aime pas particulièrement jouer les méchants. Mais dans le cas de ce film, qui est centré sur les personnages féminins, je sentais que c’était une occasion de jouer ce personnage qui montre aux hommes ce qui peut arriver quand l’ego et la soif de pouvoir prennent le dessus. C’est un trait de caractère typiquement masculin. Et quand cette soif de pouvoir nous dépasse, qu’est-ce qui arrive? Combien d’histoires ai-je entendues d’hommes puissants qui ont détruit leur famille – qui ont échangé leur femme contre une plus jeune dès qu’ils ont connu le succès, qui ont négligé leurs enfants… Le roi Stefan est comme ça, de façon extrême. Je me doute que peu de milliardaires soient toujours restés fidèles à leur femme. J’aimerais voir une statistique à ce sujet.

Il y a aussi une tendance dans les films à gros budget récemment: mettre en scène l’homme contre la nature. Et Maleficent entre un peu là-dedans.
Oui, et encore une fois, c’est un peu l’énergie masculine qui est en train de ruiner le monde. Je généralise, mais si on regarde en arrière, en termes d’évolution, l’énergie masculine servait à protéger les familles des animaux sauvages. C’était notre rôle, c’est ce à quoi nous étions utiles. Le monde n’a plus besoin de cette énergie de la même manière, alors maintenant, elle existe sans avoir d’utilité concrète. Alors, qu’est-ce qui se passe? Les hommes, quand ils accèdent au pouvoir, ont cet instinct de protéger et de conquérir. D’une façon primaire et animale, quand il s’agit de l’environnement, l’instinct est de prendre, prendre, prendre – ce n’est jamais suffisant.


Maleficent
En salle dès vendredi

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