collaboration spéciale Une des versions de Jesse Eisenberg en compagnie de Mia Wasikowska dans The Double

Richard Ayoade porte à l’écran Dostoïevski et la solitude avec style, humour et deux fois Jesse Eisenberg dans The Double.

Après Submarine, le cinéaste Richard Ayoade livre une offrande brillante et très stylisée avec The Double, qui met en vedette deux Jesse Eisenberg dans une histoire basée sur un roman de Dostoïevski.

Ce film est très différent de Submarine, n’est-ce pas?
La façon de tourner Submarine est venue du sujet, alors que, pour ce film, l’idée venait de la façon dont quelqu’un s’imagine dans une certaine esthétique. C’était comme si cette personne avait besoin d’exister dans un certain environnement, et que cet environnement devait représenter ses sentiments. Vous connaissez le peintre Giorgio de Chirico? C’est un peintre symboliste qui créait des paysages étranges qui semblaient sortis tout droit de rêves ou de cauchemars. Comme s’il créait un monde impossible provoquant une émotion. C’est comme un édifice au début de la nuit, éclairé par le soleil tout autour, qui donne le sentiment qu’il ne peut pas exister réalistement…

La bureaucratie dépeinte dans le film est plutôt horrifiante…
Une bureaucratie qui n’existe plus vraiment à notre époque. Dans le roman de Dostoïevski, vous sentez l’oppression des classes et ce genre de choses. Nous ne voulions pas entrer dans les considérations de classes parce que ça ne semblait pas nécessaire pour traiter de la psychologie de la solitude. Ça n’avait pas besoin d’être abordé d’un point de vue uniquement socioéconomique. Ça me semblait mieux de créer quelque chose où quelqu’un se sentirait oppressé par son travail, considérant que maintenant, l’idée de quelqu’un qui prend son travail au sérieux semble absurde, puisque dans n’importe quel film, quand quelqu’un travaille dans un bureau, on sait que c’est la morne réalité et que ses rêves sont ailleurs, que le bureau est le rappel de cela.

Comment était-ce de diriger deux performances distinctes de Jesse Eisenberg?
Aussi idiot que ça puisse paraître, c’est plus long simplement parce qu’il faut tout pratiquer deux fois. On répète avec un personnage, puis avec l’autre personnage, et le résultat, c’est qu’on tourne ensuite les scènes avec beaucoup plus d’attention que d’habitude. Et l’autre truc qui est délicat, c’est qu’on ne voit pas le vrai résultat: on ne voit jamais les deux personnages ensemble en répétition. On se dit: «Ça semble bon, quand on va ajouter telle ou telle chose ça sera bon», mais on ne peut pas tout voir tout ensemble avant la fin. Cela dit, Jesse est très brillant, intelligent et minutieux, et il a cette habileté qu’ont les comédiens de théâtre de répéter les mêmes répliques encore et encore sans qu’elles ne finissent par sonner mécaniques.


The Double
En salle dès vendredi

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