Funfilms Benjamin Biolay dans une scène de Pourquoi tu pleures?

Dans Pourquoi tu pleures? de Katia Lewkowicz, ce jour de rêve qu’on nous vend à grands coups de tulle, de fleurs, de papillons et de je t’aime au Salon de la mariée vire au chaos général. Tout y passe : la fiancée qui disparaît, la mère qui pète un câble, la famille allophone qui débarque de l’étranger, les copains qui demandent : «T’es sûr que tu veux faire ça?!»… Au cœur de ce bordel monstre, l’homme incarné par le séduisant Benjamin Biolay tente de décider quoi faire. Passer la bague au doigt de la fille qui lui parle de l’endroit où il faudrait placer le nouveau frigo tout de suite après l’amour ou fuir avec une ardente demoiselle rencontrée à son enterrement de vie de garçon? «Sans doute que cette histoire s’est produite des millions de fois dans la vraie vie!» remarque Biolay lorsqu’on le joint au téléphone pour jaser de Pourquoi tu pleures?

Charmant et d’excellente humeur, le musicien et acteur semble d’ailleurs avoir gardé un excellent souvenir du tournage de cette comédie dramatique, sortie en France il y a un an. «C’est un film que je porte encore en moi, dit-il. Je n’ai pas l’impression que c’est quelque chose qui est sorti depuis un an. J’ai l’impression que c’est plus récent que ça. C’était une très belle aventure humaine…»

Alors que, autour de ce futur marié (?), tout le monde court à droite et à gauche comme des poules pas de tête, Biolay, lui, se retrouve dans une rythmique complètement différente. Ça devait être déstabilisant à jouer, non? «C’était marrant, plutôt!» répond-il. «C’était comme être entouré de musiciens qui jouent différemment. Il fallait que j’aie un jeu totalement à part.» Entouré des femmes de sa vie (mère, sœur, épouse, amante), l’homme qu’il incarne, incertain des vertus du mariage, se retrouve aux prises avec un solide cas de «pieds froids», ou de cold feet comme on dit. «C’est un rôle qui est très loin de moi dans la vie. Je ne suis pas du tout comme lui! assure Biolay. C’était très intéressant de fabriquer un personnage qui ne m’a pas ramené à ma propre vie, à ma propre personnalité et à mes propres défauts.»

Le chanteur, qu’on a notamment pu voir dans La meute, révèle qu’il s’est plus reconnu dans le personnage de la sœur, incarnée par Emmanuelle Devos («Ma comédienne préférée en France!» dit-il) que dans le sien. «Je me retrouvais davantage dans les répliques d’Emmanuelle que dans les miennes!» dit-il en riant. Par exemple dans celle où elle dit «Tous les jours tu peux rencontrer quelqu’un d’autre; ce qui est compliqué c’est de tenir»? «Ça, j’y crois!», nous lance Biolay. Et qu’en est-il de cette phrase du film qui veut qu’un homme «cesse d’écouter les Stones une fois qu’il se marie»? «Oh non! Ça, ce n’est pas vrai! En plus, moi, je me suis marié avec une femme [son ex-épouse, Chiara Mastroianni] qui écoutait trop les Stones! Elle n’arrêtait pas de faire tourner des best of…»

Aujourd’hui rendu à son «10e tournage», celui qui nous a notamment donné les disques Rose Kennedy et Trash Yéyé,  confie qu’il ne voit plus son existence sans septième art. «J’aime autant le cinéma que la musique; il n’y a pas d’échelle dans le plaisir. J’adore ça et, maintenant, j’aurais du mal à m’en passer!»

Biolay remarque d’ailleurs qu’il n’est guère un acteur compliqué et torturé. «Il paraît que je suis discipliné et obéissant! Il faut vraiment, vraiment, que je ne sois pas d’accord pour me permettre une suggestion. En général, je fais ce qu’on me dit!» Pour conclure, on lui demande s’il croit que la décision que finit par prendre son personnage à la toute fin du film est la bonne. Pensez-vous qu’il finit par choisir la femme qu’il aime vraiment? «Je n’en ai aucune idée!» répond-il, sincère. «Vraiment, je ne sais pas… Peut-être?» Peut-être.

Le bonheur de Biolay
«Jouer au cinéma, c’est beaucoup de travail, mais j’ai toujours du plaisir à travailler, quelle que soit l’activité, explique Benjamin Biolay. C’est un autre aspect de ma vie que j’aime énormément. La musique est un milieu très solitaire. Quand je fais mes propres albums à moi, je m’enferme pendant des mois tout seul, tandis que sur un plateau, nous sommes tous ensemble. C’est quelque chose que j’aime beaucoup.»

Pourquoi tu pleures?
En salle dès vendredi

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