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L’année 2014 a confirmé l’émergence du streaming comme nouveau mode de consommation de la musique même si cette pratique est encore loin de compenser la baisse quasi-continue du marché du disque depuis douze ans.

L’année 2014 a confirmé l’émergence du streaming comme nouveau mode de consommation de la musique même si cette pratique est encore loin de compenser la baisse quasi-continue du marché du disque depuis douze ans.

Le marché de la musique enregistrée, après une année 2013 atypique en légère hausse, a renoué avec la baisse (-5,3%) en 2014, a indiqué mardi le Snep, principal syndicat des producteurs, en présentant son bilan annuel.

La baisse des revenus de l’industrie musicale est une tendance lourde depuis douze ans. Hors « droits voisins », c’est-à-dire les droits de reproduction pour copie privée et les droits de diffusion télé et radio (soit 112 M EUR en 2014), le marché a perdu « près de 65% de sa valeur depuis 2002 » où il atteignait 1,3 milliard d’euros, souligne le Snep.

« Perdre 65% en 12 ans, c’est quelque chose d’assez brutal, qui n’a d’équivalent dans aucun autre secteur », a rappelé devant la presse Guillaume Leblanc, directeur général du syndicat des producteurs.

L’année 2013 et son petit « rebond » n’apparaît donc que comme un épiphénomène, du notamment aux succès exceptionnels de Stromae, de Maître Gims ou de Daft Punk.

Au-delà d’éventuels albums à succès, les maisons de disques attendent surtout l’éclaircie des revenus du numérique et en particulier de ceux générés par le streaming, modèle en forte croissance en 2014 par rapport à 2013 (+34%).

D’avantage de nouveautés à la radio
Le streaming, qui repose sur l’accès à un catalogue de titres quasiment illimité via des plateformes d’écoute, génère des revenus par la publicité dans les modèles gratuits et par les abonnements dans les modèles payants. Il supplante désormais le modèle plus ancien du téléchargement à l’acte de morceaux (type iTunes).

Ainsi, pour la première fois l’an dernier, les recettes du streaming ont représenté plus de la moitié des revenus du numérique (55% contre 43% en 2013).

« Derrière la révolution numérique, une deuxième révolution est en train de se produire avec le développement d’un nouvel usage, le streaming », confirme Stéphane Le Tavernier, président de Sony Music et du Snep.

« C’est extrêmement satisfaisant car on est au tout début de ce que peuvent être les offres de streaming légal. Les acteurs principaux comme Deezer ou Spotify sont encore jeunes et beaucoup de nouveaux acteurs vont arriver: on parle d’Apple, Jay-Z vient de racheter une plateforme haute définition scandinave (le norvégien Wimp, ndlr). Ces nouveaux arrivants vont beaucoup apporter » pour promouvoir ce mode de consommation, ajoute-t-il.

Résolument « optimistes à moyen terme », dixit le PDG d’Universal France Pascal Nègre, les producteurs écartent les craintes liées à la viabilité économique des plateformes de streaming ou au niveau des revenus revenant aux artistes, sujet de crispation récurrent avec les chanteurs.

Autre bonne nouvelle pour les producteurs: la bonne santé de la chanson francophone. L’an dernier, « les trois-quarts (74%) du marché (hors classique) » ont été le résultat des succès de productions francophones. « Un niveau jamais atteint », selon le Snep.

Le Top 10 des meilleures ventes d’albums en 2014 est ainsi exclusivement francophone, dominé par l’incontournable Belge Stromae (déjà premier des ventes en 2013) devant Kendji Girac et Indila.

Ce qui n’empêche pas les producteurs de regretter que parmi toutes les nouvelles chansons qui sortent chaque année, seule une minorité soit mise en valeur.

Selon eux, 1.000 chansons sont ainsi envoyées chaque année aux radios, mais la moitié du temps d’antenne réservé aux nouveautés est accaparé par une cinquantaine de titres seulement. Un phénomène néfaste à l’apparition de nouvelles voix, selon le Snep, qui plaide pour une « exposition décente des artistes dans les médias traditionnels ».

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