AFp Relaxnews De gauche à droite : les acteurs Christian Friedel et Katharina Schuettler et le réalisateur Oliver Hirschbiegel, lors du photocall de Elser - 13 minutes présenté jeudi hors compétition à la Berlinale.

S’il avait réussi, «il aurait changé le monde», affirme l’affiche d’Elser – 13 minutes, film présenté jeudi hors compétition à la Berlinale et consacré à cet homme qui faillit tuer Adolphe Hitler à l’orée de la Seconde guerre mondiale.

C’est l’un des deux films du festival à célébrer, 70 ans après la fin du conflit, l’héroïsme de quelques Allemands qui défièrent le régime nazi, en en payant le prix par la prison, la torture ou la mort.

Georg Elser, charpentier et musicien, confectionna et déposa le 8 novembre 1939 une bombe à retardement qui devait tuer le Führer et plusieurs de ses hommes dans une brasserie de Munich (sud).

L’explosion causa la mort de huit personnes mais Hitler échappa à l’attentat, ayant quitté les lieux treize minutes plus tôt en raison d’un imprévu dans son agenda. Treize minutes est le titre du film pour l’étranger.

L’homme qui aurait pu changer l’histoire fut arrêté et envoyé en camp de concentration, puis assassiné à Dachau sur ordre d’Hitler peu avant la fin de la guerre.

L’auteur du film, Oliver Hirschbiegel, rendu célèbre par le succès de La Chute (2004) sur les derniers jours d’Hitler, a expliqué avoir voulu ériger un monument cinématographique en l’honneur d’Elser, longtemps dépeint à tort comme un marginal excentrique.

«J’espère vraiment que le film va faire en sorte que Georg reçoive les honneurs, l’admiration et le respect qu’il mérite», a déclaré le réalisateur.

Le film démarre en retraçant l’ascension rampante du nazisme dans le pittoresque village où vit Elser, au coeur du Bade-Wurtemberg (sud-ouest). «Il faut faire quelque chose, très vite et de manière radicale, dit le héros incarné par Christian Friedel. Il faut viser les chefs, que quelqu’un arrête cette folie».

Pour Hirschbiegel, «il y a quelque chose de honteux dans le fait que cette personne simple ait été la seule à avoir les couilles de dire: +il faut que ça s’arrête+». Selon le réalisateur, c’est pour cette raison que l’histoire d’Elser a longtemps «été cachée sous le tapis».

Les cinéastes se sont depuis longtemps pourtant intéressés à ceux qui ont eu le courage de s’opposer à la machine de mort nazie.

Beaucoup de courage

Le film oscarisé de Steven Spielberg, La liste de Schindler (1993), racontait l’histoire de cet industriel allemand qui a sauvé des chambres à gaz plus de 1 000 Juifs tandis qu’en 2008, Walkyrie avec Tom Cruise dans le rôle du colonel Claus von Stauffenberg, retraçait l’échec du complot contre Hitler en juillet 1944.

Au festival de Berlin, un deuxième film – documentaire celui-là – a choisi de donner un coup de projecteur à une autre histoire de résistance allemande, le mouvement de la Rose blanche.

Fondé à Munich par des étudiants, le mouvement, notamment incarné par la fratrie Hans et Sophie Scholl, a diffusé en 1942-43 des tracts anti-guerre, appelant les gens à se lever contre le nazisme.

«Pourquoi le peuple allemand réagit-il avec autant d’apathie face à tous ces crimes abominables?» s’interrogeait l’un de leurs messages.

Les leaders du mouvement, après une parodie de procès, furent pendus. Leurs noms ont été donnés à de nombreuses écoles, rues ou places dans l’Allemagne d’après-guerre.

Le documentaire Die Widerständigen (Les résistants) de Katrin Seybold et Ula Stöckl rend hommage à la Rose blanche, en interrogeant longuement les membres du groupe qui ont survécu à la guerre.

«Tout le monde à un moment de sa vie atteint un point où il décide s’il continue à supporter quelque chose de révoltant», a estimé Mme Stöckl, lors d’un débat avec le public après une projection.

«Même aujourd’hui, alors qu’il n’est plus question de vie ou de mort, les gens ont une tendance à la compromission même quand ils n’y sont pas contraints», a-t-elle regretté, jugeant qu’il faut «beaucoup de courage et de force intérieure» pour arrêter de dire «je préfère ne pas savoir».

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