Les films Séville Dans La passion d’Augustine, de Léa Pool, Céline Bonnier joue la Mère Augustine du titre, une religieuse qui enseigne la musique à sa nièce délinquante.

Léa Pool fait revivre un moment phare de l’entrée du Québec dans la modernité avec La passion d’Augustine, un feel good movie musical où Céline Bonnier joue un de ses rôles les plus exigeants.

Même si elle n’est pas catholique et même si elle est arrivée au Québec seulement en 1975, la réalisatrice suisse Léa Pool braque sa caméra sur la Belle Province de 1968, époque où les écoles religieuses allaient perdre leur mainmise sur l’éducation. Portant davantage sur une communauté de femmes – et particulièrement sur Mère Augustine (Céline Bonnier), qui enseigne la musique à sa nièce délinquante (jouée par la pianiste Lysandre Ménard) – que sur la spiritualité, ce film choral léger et à fleur de peau comporte plus d’émotions que Sister Act, tout en développant des thèmes importants.

«Quand j’ai lu la proposition de Marie Vien, j’étais très consciente que ce sujet, qui traite d’une époque capitale de l’histoire du Québec, n’avait pas été abordé, explique la metteure en scène en entrevue. Ce sont les écoles laïques, l’arrivée de la pilule, la contraception, cette période de grands changements pour les femmes.»

«Je n’ai jamais joué un personnage qui est à ce point dans l’introspection, dans la retenue. C’est quelqu’un qui se cache dans sa passion. Et c’est difficile à jouer. Dans mon métier, on a toujours envie d’éclater, de faire quelque chose d’explosif. Ici, le défi est de retenir l’explosion. Ce n’est pas une implosion non plus. C’est la rigueur de la retenue.» – Céline Bonnier, en analysant son personnage d’Augustine

 

Revenant peu à peu au cœur des préoccupations cinématographiques (autant dans le sensible drame Pour l’amour de Dieu, de Micheline Lanctôt, que dans la satire cinglante et noire Je me souviens, d’André Forcier), l’héritage de l’Église catholique s’expose en toute honnêteté, avec ses limites, mais également avec son legs qui est loin d’être banal.

«On a un peu jeté le bébé avec l’eau du bain, fait remarquer la cinéaste, à qui on doit Emporte-moi et Maman est chez le coiffeur. Les religieuses sont des femmes qui ont quand même apporté beaucoup de choses à la société québécoise, notamment dans les hôpitaux, les conservatoires. Je pense que c’est un juste retour des choses, le fait de parler de ces femmes-là.»

La passion d’Augustine
En salle dès vendredi

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