Denis Beaumont/Métro Louis-Jean Cormier

Les anciens fans de Karkwa comme le nouveau public conquis grâce à La Voix attendent tous avec impatience Les grandes artères, le deuxième album solo de Louis-Jean Cormier, qu’il lancera au Club Soda mardi à 17h30. L’auteur-compositeur-interprète a parlé à Métro de ce disque «de cœur»… et d’autres sujets qui lui tiennent à cœur.

Louis-Jean Cormier n’a pas chômé depuis la sortie de son premier album solo, Le 13e étage, grâce auquel le leader du groupe Karkwa a élargi son bassin de fans. Et pourtant, malgré les attentes forcément très grandes, c’est d’une façon «encore plus assumée et détendue, avec un sourire en coin» qu’il a abordé la création de son second opus, Les grandes artères. «J’avais le goût de me surprendre moi-même et de surprendre l’auditoire. Je voulais aller au bout de ce que j’ai envie de faire, avec toute la liberté que ça implique, avoue le chanteur. Je me sentais encore plus libre non seulement de continuer dans la voie dans laquelle je m’étais engagé précédemment, mais aussi de faire un pas en arrière musicalement, de retourner dans mes trips de Karkwa. Ça prouve probablement que j’ai réussi à m’identifier, à devenir un électron libre autour de tout ce que j’ai pu faire dans le passé. J’ai suivi ce que les chansons voulaient, comme si elles étaient vivantes et avaient décidé pour moi.»

Et malgré son emploi du temps chargé des derniers mois, l’ex-coach de La Voix n’a pas écrit les chansons des Grandes artères entre deux contrats de réalisation, mais s’est accordé un temps d’arrêt, une bulle de création de quelques mois. «C’était la première fois de ma vie que je me consacrais à 100% à un projet d’enregistrement, affirme-t-il. Je me suis offert un luxe qu’on devrait peut-être s’allouer plus souvent. Avant d’entrer en production, j’étais épuisé de la tournée des festivals. Et me plonger directement dans l’écriture et la production, ç’a été thérapeutique. J’ai eu le sentiment d’enfiler mes vieilles pantoufles et de m’habiller en mou!»

Le musicien attribue à cet état d’esprit dans lequel le disque a été créé l’ambiance de sérénité et de quiétude qui s’en dégage, «même si le propos n’est pas serein, précise-t-il. Ça parle d’interrogation, de recherche, c’est une réflexion sur les différentes strates de l’amour… C’est vraiment un disque de cœur, d’où le titre. Ça se passe dans un décor de routes, de rues, de boulevards, de chars, mais ça parle d’amour.»

«Une bonne chanson, pour moi, ça doit contenir beaucoup d’images poétiques, mais aussi raconter une histoire. Plus je vieillis, plus j’ai envie qu’il y ait un petit scénario à l’intérieur de chaque chanson, et un gros qui englobe tout le disque.»

Un disque «philosophe», sur lequel rien n’a été laissé au hasard, notamment le mot «cœur» qu’on retrouve dans presque toutes les pièces. Et comme plusieurs têtes valent mieux qu’une, il a de nouveau fait appel à son ami Daniel Beaumont, de Tricot Machine, pour l’épauler dans l’écriture des textes: «J’avais l’impression qu’on n’avait pas fait le tour de ce qu’on a à faire ensemble… et j’ai encore cette impression-là!» Martin Léon est aussi venu «dénouer une toune», et les musiciens se sont également beaucoup impliqués dans la création. «Je suis un gars de groupe, j’aime discuter de mes idées et de celles des autres, j’ai le goût de collaborer et de laisser mes collaborateurs entrer dans ma tête», fait-il valoir.

D’autres copains sont venus faire leur tour sur le disque: Marie-Pierre Arthur, qu’on peut entendre sur Faire semblant, et Olivier Langevin, de Galaxie, qui a livré «deux solos de guitare bien trash» sur St-Michel, en plus de chanter lui aussi sur Faire semblant. «C’est un trip un peu égoïste, mais j’étais content d’entendre Langevin chanter quelque chose de très loin de Galaxie!» lance Cormier.

On entend aussi parmi les voix une chorale de 80 jeunes de l’école Joseph-François-Perrault, qui chantent et tapent des mains sur trois chansons, dont la reprise de Complot d’enfants, de Félix Leclerc. «Ce que je trouve beau, c’est que cette chanson-là devient, à petite échelle, une espèce de pont intergénérationnel, se réjouit le chanteur. Avec La Voix, j’ai pu atteindre un jeune public, et ça me fait triper parce que ça me tient tellement à cœur, la pérennité de la musique, de la culture en général, des arts de la scène. Il faut inculquer aux jeunes le plus tôt possible dans leur vie le bonheur que ça peut apporter d’aller voir un spectacle, que ce soit de la danse contemporaine ou un orchestre symphonique.»

Prise de conscience
La chanson Tout le monde en même temps, qu’on peut entendre sur l’album Le 13e étage, est devenue un hymne à la mobilisation; et Louis-Jean Cormier récidive sur Les grandes artères avec La fanfare, une pièce qui déclare entre autres: «Qu’on nous casse les jambes/Pour avoir envahi le boulevard/S’il faut qu’on y rampe/J’aime mieux ramper que de me rasseoir.»

«J’ai écrit cette chanson en me rappelant ce qui m’avait inspiré Le 13e étage; la prise de position, la sortie du peuple dans la rue, se souvient-il. Je suis allé jusqu’au bout de mon idée, puis après, avec Daniel Beaumont, on s’est demandé si c’était trop daté, trop “carré rouge”… pour en arriver à la conclusion qu’il n’y a pas d’âge ou d’époque pour ça, que c’est intemporel. Une prise de position, c’est la fucking moindre des choses! Puis, à mon grand étonnement et ravissement, La fanfare est d’actualité en ce moment.»

L’artiste ajoute qu’il a de plus en plus d’assurance par rapport à ses idéaux et à ses convictions politiques. «Je ne veux pas faire de compromis sur ce plan-là, je me sens bien avec ça, confie-t-il. Je ne vais pas axer toute ma carrière là-dessus, mais avec cette chanson, j’avais envie de dire aux gens que peu importe ce qu’on nous enlève, il nous restera toujours notre identité, notre mémoire, notre cœur et notre rêve.»

Louis-Jean Cormier Les grandes artèresLes grandes artères
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