Denis Beaumont/Métro Même s’il ne bougeait pas comme une bête, Marc Martel a effectivement été à la hauteur sur le plan vocal.

Dimanche soir, le Queen Extravaganza était de passage au Théâtre St-Denis. L’impressionnant Marc Martel s’est démarqué dans un spectacle où toutes les voix n’étaient pas à la (même) hauteur.

On n’imite pas Freddie Mercury sans l’égratigner légèrement. Un homme de cette stature, de ce charisme et de cet éventail vocal hallucinant? Disons qu’il vaut mieux se lever de bonne heure si on veut porter ses souliers, ne serait-ce que pour faire une petite marche.

Avec son Queen Extravaganza, le batteur de la royale formation, Roger Taylor, se défend toutefois de faire dans l’imitation. Ce groupe, formé de neuf musiciens choisis au cours d’un médiatisé et très «hypé» processus d’audition, en est un qui «vise à réunir les plus jeunes et les plus vénérables fans pour célébrer la musique de Queen», peut-on lire sur le site internet du spectacle. Reste que pendant deux entractes et autant d’heures, ces jeunes artistes reprennent les plus grands morceaux des légendes britanniques : Don’t Stop Me Now, You’re my Best Friend, Radio Ga Ga et tant d’autres bijoux. Et qu’il est donc difficile de juger ce matériel revisité sans le comparer à l’original.

Ainsi, on doit avouer que les premiers instants du spectacle nous ont donné une petite frousse. S’ouvrant sur une séquence très rock et des éclairages pétaradants, cette extravagante soirée a débuté sur quelques notes discordantes.

Avec un look plus Meat Loaf que Mercury, Jeff Scott Soto a interprété l’hymne We Will Rock You. Mais là où Freddie était animal, lui s’est fait très métal. N’ayant pas l’aisance du mythique chanteur, il n’a pas réussi à ramener l’étincelle de l’homme. Yvan Pedneault, jeune artiste originaire de Sept-Îles, a enchaîné avec Now I’m Here, dans laquelle il a certes mis beaucoup de cœur, mais qu’il n’a malheureusement pas rendue aussi bien qu’on aurait pu l’espérer.

Mais la donne a complètement changé lorsque Marc Martel est entré en scène pour sauver la mise et chanter un Killer Queen de véritable killer. Ce Montréalais qui réside au Tennessee a reçu une ovation debout, amplement méritée. Même s’il ne bougeait pas comme une bête, Martel a effectivement été à la hauteur sur le plan vocal. Impressionnant. «Salut Montréal! J’pense qu’on va avoir du fun à soir!» s’est-il
exclamé avec un fier accent québécois. Avec adresse, le jeune homme a rendu justice à Love of my Life et, plus tard, guitare à la main, a livré une impeccable Crazy Little Thing Called Love.

S’il y avait un large fossé entre les chansons avec Martel (ainsi, l’excellente I Want To Break Free) et celles sans lui (dont la – ratée – Bicycle Race), il faut dire qu’il est difficile de résister à des hits de Queen. Durant I Want It All, par exemple, presque tout le monde était debout et tapait dans ses mains.

Très à l’aise, Martel a parlé à la foule à plusieurs reprises, remarquant par exemple au sujet de son compagnon, le batteur Tyler Warren : «Y é-tu malade ce drummer-là?!» Ou lançant tout bonnement : «Heille! Fait chaud icitte!» Passant à l’anglais, Martel a également raconté que c’est grâce à Bohemian Rhapsody qu’il a découvert Queen. Une confession qui a déclenché des hurlements stridents. Et c’est donc sur cette chanson, une des meilleures que le rock nous ait jamais données, que s’est achevé le premier acte, après lequel nous avons dû quitter pour cause d’heure de tombée. Durant cette composition, nous avons pu sentir un soupçon de toute la complexité et de tout le génie de Queen. Un band immortel. Et inimitable.

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