Eyesteelfilms Tony Asimakopoulos, Natalie Karneef, Vassiliki Assimakopoulos et Aristomenis Assimakopoulos dans une scène de Fortunate Son.

Lettre d’amour d’un fils à sa famille, Fortunate Son, de Tony Asimakopoulos est un documentaire qui épouse la forme du cinéma-vérité. Rencontre avec un réalisateur qui en a bavé un coup.

Né de deux immigrés grecs vivant à Montréal, Tony Asimakopoulos n’a pas toujours été le bon garçon qu’il semble être en entrevue. À une autre époque, des problèmes de drogue l’ont amené loin de sa famille. Lorsque son quotidien est devenu plus facile, il a décidé de rendre hommage à ses proches en les filmant en toute simplicité. Pendant deux ans et demi, il a tourné sa caméra vers sa mère protectrice, son père malade et sa fiancée. Une façon d’expier, de commencer un nouveau cycle de vie plus lumineux et harmonieux.

«Au départ, mes parents ne voulaient absolument pas participer, confie le cinéaste. Mais ils ont fini se laisser convaincre pour que je sois plus souvent à la maison. Même avec une caméra, tant que je suis dans les parages… Ma femme a dit oui tout de suite, mais après une année, elle en avait assez. Vivre 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec un réalisateur doit être tellement stressant!»

Utilisant des extraits de ses films antérieurs comme le faisait Jonathan Caouette dans son brillant Tarnation, traitant du passé et des liens filiaux en enveloppant le tout d’une façon très cinématographique dans un style qui peut parfois s’apparenter à celui de Guy Maddin, Fortunate Son est un électron libre, qui tourne sur son propre axe.

Et qui a pris beaucoup de temps à prendre forme, la phase du montage ayant été particulièrement ardue. «Au total, j’ai passé cinq ans de mon existence sur ce projet, explique Tony Asimakopoulos. J’aurais sûrement pu le faire en moins de temps et en souffrant moins… Pour éviter que ça ne se reproduise, je prévois que mon prochain film sera une fiction, une comédie de Noël!» Mais un long métrage est né, ce qui lui a permis de se rapprocher de son père et de sa communauté et de partager son histoire, à la fois personnelle et universelle.

Se poser des questions
Les doutes sont normaux au cinéma. Pourquoi réalise-t-on des films? Pourquoi celui-là? Parlera-t-il aux gens? Des questions légitimes, surtout pour un documentaire autobiographique comme Fortunate Son. «Au début, tout allait bien, se rappelle son créateur, Tony Asimakopoulos. Je savais exactement ce que je voulais raconter. C’était clair pour moi. Pendant le montage, j’ai commencé à penser à des choses. Est-ce que ce n’est pas seulement une vidéo maison? Pourquoi je fais ça? Ça va intéresser qui? C’est seulement lorsque le film a été présenté à Amsterdam que mes interrogations se sont dissipées. Des étrangers le voyaient et l’acceptaient. Même si c’est encore très difficile pour moi de le voir, je sais qu’il a sa raison d’être, sa raison d’exister.»

Financement de Téléfilm Canada

  • Téléfilm Canada a annoncé jeudi les huit longs métrages qui se partageront les 6 M$ de financement cette année :
  • Deux nuits/Two Nights, de Denys Arcand
  • Miraculum, de Podz
  • Le démantèlement, de Sébastien Pilote
  • L’autre maison, de Mathieu Roy
  • Vic & Flo ont vu un ours, de Denis Villeneuve
  • La maison du pêcheur, d’Alain Chartrand
  • Hot dog, de Marc-André Lavoie
  • Le coq de St-Victor, de Pierre Greco

Fortunate Son
En salle dès vendredi

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