Piknic Électronik Michel Quintal, qui avoue être un peu abasourdi par l’ampleur que prend l’organisation (présentement dans 6 villes, potentiellement dans 10 d’ici 2 ans), affirme que le Piknic entame une nouvelle ère.

La grande famille de Piknic Électronik élargit considérablement sa portée internationale.

7 juillet 2012. Après des mois de travail acharné pour bien cerner les enjeux d’un événement extérieur dans la capitale catalane, Loïc Le Joliff et François Jozic lançaient la première mouture du Piknic Électronik outre-mer, sur la majestueuse colline de Mont-juïc, qui surplombe Barcelone (un peu comme si l’édition montréalaise avait lieu sur le mont Royal). Trois ans plus tard, force est de constater que cette édition satellite a réussi son entrée en scène. Piknic Barcelone accueille désormais plus de 5 000 personnes chaque semaine (un chiffre comparable à ce qu’on observe à Montréal), et des initiatives similaires ont depuis vu le jour à Melbourne, Dubaï, Paris, Cannes et Lisbonne. «La courbe a été la même [que pour nous], mais en accéléré», commente Michel Quintal, cofondateur et directeur de la programmation du Piknic.

Loïc Le Joliff, qui a travaillé au bar du Piknic alors qu’il étudiait à Montréal, précise que son équipe souhaitait tirer profit des 10 années d’expérience de Montréal, pour ne pas tout reprendre à zéro. «D’un petit événement underground, nous sommes devenus un des piliers de la scène électronique à Barcelone. Il n’y a personne qui n’a jamais été au Piknic ou, à tout le moins, qui ne connaît pas l’événement.»

Mais pourquoi avoir tâté le terrain avec Barcelone, une ville qui accueille sans conteste des festivals d’envergure internationale (Sónar, Primavera Sound), mais à laquelle on reproche souvent de ne pas jouir d’une scène électronique digne de ce nom? «On me pose régulièrement la question, note Le Joliff. Je pense qu’il n’y a toujours pas de scène barcelonaise. Il y a John Talabot, qui est vraiment le plus actif de la ville, mais on est loin d’être une capitale de la musique électronique. Beaucoup d’artistes viennent s’établir ici, par contre. Récemment, Luciano, Marco Carola, Maceo Plex, Jonny White d’Art Department, Dubfire et Carl Craig ont tous décidé qu’il faisait bon vivre à Barcelone.»

Alors que Montréal s’apprête à recevoir un contingent espagnol ce week-end au parc Jean-Drapeau, Le Joliff souligne ce qu’il qualifie de grandes ressemblances entre ses «deux villes de cœur». «Ce sont deux villes qui abritent une montagne en plein centre, qui ont une forte identité nationale – catalane et québécoise –, la vibe est très similaire, et il y a des rivalités comparables entre Montréal-Toronto et Barcelone-Madrid.»

Côté programmation, Le Joliff, Quintal et leur comparse Marie-Laure Saidani travaillent communément à l’élaboration d’un bassin d’artistes qui affectionnent la marque Piknic et qui pourraient être invités à jouer tour à tour à Lisbonne, à Melbourne et à Montréal, par exemple. Michel évoque les festivals MUTEK, DGTL, Tomorrowland et même Electric Daisy Carnival, qui sont évocateurs tant pour le public que pour les artistes. «Voir le même nom d’événement associé à différents endroits, ça suscite la confiance. Les festivaliers savent à quoi s’attendre. Ils savent que la programmation va être de tel ou tel genre. C’est ce qu’on cherche à faire avec le Piknic.»

Quintal, qui avoue être un peu abasourdi par l’ampleur que prend l’organisation (présentement dans 6 villes, potentiellement dans 10 d’ici deux ans), affirme que le Piknic entame une nouvelle ère. Concrètement, les organisateurs ne se contenteront plus de fonctionner en mode réaction. De son propre aveu, l’équipe a été extrêmement sollicitée ces dernières années par des organisateurs étrangers – c’est grâce à ces démarches que les événements de Barcelone, Melbourne et Dubaï ont vu le jour –, mais le Piknic compte désormais sur une entité internationale qui se consacre uniquement au développement de nouveaux marchés. «Nous cherchons des villes où nous croyons qu’il y a un grand potentiel. Question de taille, de joie de vivre, de nightlife, de météo… Nous essayons d’éviter des endroits comme Montréal», se permet-il de dire à la blague. Il n’en fallait pas plus pour que Le Joliff tire parti de cette jalousie non dissimulée pour le soleil catalan. «Ce qui fait l’envie de Michel, dit Le Joliff en tournant joyeusement le couteau dans la plaie, c’est qu’on n’a jamais annulé un événement à Barcelone à cause du temps. On ne regarde jamais MétéoMédia.» De quoi inciter plusieurs Montréalais à prévoir un pèlerinage «piknicien» au parc de Montjuïc…

Piknic Barcelone
Au parc Jean-Drapeau
Dimanche à 14 h

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!