Justin Broadbent James Shaw, Emily Haines, Josh Winstead et Joules Scott-Key forment le groupe Metric.

Metric lancera la semaine prochaine son quatrième album, Synthetica. Discussion avec Emily Haines, la voix d’un groupe qui est là pour rester.

Près de 10 ans se sont écoulés depuis la parution de Old World Underground, Where Are You Now?, premier album studio du groupe canadien Metric. Mais Emily Haines, la charismatique leader de la formation, ne croit pas que cet anniversaire marque la fin d’une étape ou le début d’une nouvelle ère, comme c’est souvent le cas quand un artiste arrive à un tournant. «Faute d’une meilleure expression, je dirais qu’il s’agit d’une période charnière, avance-t-elle. C’est comme si notre nouveau disque, Synthetica, connectait tout ce qu’on a déjà fait avec ce qui viendra ensuite.»

C’est que chacun des albums qu’elle a composés avec James Shaw, Josh Winstead et Joules Scott-Key explorait un style différent, rappelle la chanteuse : «Old World Underground, c’était le new wave, Live It Out, du gros rock; Fantasies penchait davantage vers la pop… et sur Synthetica, on dirait que tout ce qu’on a appris se mêle. Comme si on avait finalement réussi à produire le son qu’on cherchait depuis toutes ces années.»

Ça n’est sûrement pas étranger au fait que, pour la seconde fois, le quatuor a produit l’album sous sa propre étiquette, Metric Music International. «Ça a totalement changé notre façon de travailler, affirme Emily Haines. Tout est connecté, on n’a plus l’impression que les aspects créatif et monétaire se livrent une bataille constante.»

Même si le mythe de l’artiste au sens des affaires inexistant a la vie dure, la chanteuse croit qu’être seuls maîtres à bord permet une bien plus grande créativité. «On dit souvent qu’un véritable artiste ne peut pas s’intéresser aux affaires, mais en fait, il y en a tellement qui ont été victimisés et arnaqués à cause de ça! souligne-t-elle. Comprendre ce qui se passe du côté de la production me permet de me plonger complètement dans l’écriture sans craindre que, pendant que je suis absorbée par la création, quelque chose d’horrible se produise à cause de quelqu’un qui a le contrôle de ma vie.»

C’est chez elle qu’Emily Haines a composé les pièces de Synthetica. À l’instar de Patrick Watson avec Adventures in Your Own Backyard, l’artiste y a vu une expérience nouvelle, presque exotique. «Tout le monde sait qu’on peut se distraire des problèmes de la vie en étant constamment stimulé par ce qui se trouve à l’extérieur, déclare-t-elle. J’ai toujours été une voyageuse, ç’a toujours été ma solution, mon moyen de m’évader. Alors c’était très intéressant de me dire, cette fois : “Non, tu ne vas nulle part!” Je compose toujours assise au piano, un instrument que j’ai depuis plusieurs années, mais généralement, je le fais juste avant de partir quelque part. Là, je suis restée à la maison pour tout faire. Et il y a tant de choses que j’ai réalisées, que j’ai vécues, simplement parce que j’ai pris le temps de me poser!»

Et maintenant que le disque a vu le jour, Haines a-t-elle hâte de repartir en tournée – tournée qui l’emmènera d’ailleurs à Osheaga en août? «Mes sentiments sont ambivalents à ce sujet! Quand on n’est pas en tournée, c’est difficile d’imaginer qu’on va y retourner, révèle-t-elle.

Ça provoque en moi un sentiment doux-amer… J’adore la musique, mais j’ai fait tant de sacrifices en y dédiant ma vie! D’un côté, on se sent tellement chanceux de mener cette existence et on veut saisir l’instant parce qu’on sait que ça ne durera pas indéfiniment. Mais d’un autre côté, je me dis parfois que j’aurais pu avoir une vie totalement différente. Mais bon… il n’en reste pas moins que ç’a été une vie assez géniale, jusqu’à présent!»

Une étape déterminante
Il y a quelques années, les fans de Metric ont bien cru que la fin du groupe était proche quand Emily Haines a fait paraître un album solo, Knives Don’t Have Your Back. Un album très dépouillé, piano-voix, loin des riches arrangements de la formation. «À l’époque, mon père venait de mourir, et ce disque lui était implicitement dédié, raconte-t-elle. Ç’a été une période très importante pour moi.»

Importante sur le plan personnel, pour l’aider à vivre son deuil, mais aussi sur le plan professionnel. «Je crois que ça aura permis aux fans du groupe de comprendre qui je suis, de comprendre aussi que toutes les chansons que j’apporte à Metric, je les compose seulement au piano ou à la guitare, dans une esthétique qui ressemble beaucoup à ce que je fais en solo… J’adore la grosse esthétique rock’n’roll que les gars ajoutent après, mais c’était important pour moi d’honorer cet art de l’écriture de chanson, de dire aux gens : “Voici la personne qui est derrière le costume.”»

Synthetica
En magasin dès le 12 juin
Metric
À Osheaga le 5 août

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