Heike Ullrich/Sony Alexander Fehling dans Le labyrinthe du silence.

Sélection de l’Allemagne pour les Oscars, Le labyrinthe du silence, de Giulio Ricciarelli, tente de jeter un éclairage nouveau sur un des sujets les plus souvent abordés au cinéma: la Seconde Guerre mondiale.

Si le procès de Nuremberg a marqué l’imaginaire, ce ne fut pas le cas de celui de Francfort, qui s’est tenu dans les années 1960 et où la population allemande – plutôt que les Alliés – a jugé ses propres criminels de guerre. «Encore de nos jours, quand on leur pose la question, on constate que bien des gens ne connaissent pas ce procès», explique en entrevue téléphonique Giulio Ricciarelli, un acteur qui en est à ses premiers pas derrière la caméra.

«On n’a pas fait un film sur l’Holocauste, mais sur la façon dont l’Allemagne a composé avec l’Holocauste. Aujourd’hui, je pense que l’image de l’Holocauste est présente dans l’inconscient humain. Il fallait donc être subtil dans notre façon de la traiter.» –Giulio Ricciarelli, réalisateur

Rappelant à la fois Hannah Arendt et The Nasty Girl dans sa façon de se replonger dans des souvenirs encore douloureux, ce long métrage élégant et classique suit un jeune procureur fictif (Alexander Fehling, vu dans Inglourious Basterds) qui tente de retrouver et de faire condamner des bourreaux de la Deuxième Guerre mondiale. Une tâche herculéenne dans l’Allemagne des années 1950, où les nazis détiennent toujours des postes- clés dans le gouvernement, où les gens tentent d’oublier ce qui s’est passé et où une bonne partie de la population n’a jamais entendu parler des camps de la mort comme Auschwitz.

«Cette habitude que nous avons de revisiter les histoires de notre passé, notamment par le cinéma, a commencé avec ces procès, rappelle le metteur en scène, qui est un grand fan de Fellini et de Scorsese. C’est né d’un acte individuel, car personne ne voulait de ces procès.»

«On publie plein de choses sur les médias sociaux, mais politiquement, on a le sentiment que c’est trop complexe. Que seul, on ne peut rien faire. Mais dans l’Histoire, tout a commencé par des comportements individuels : Nelson Mandela, Rosa Parks qui ne voulait pas changer de place dans l’autobus. Ce sont des actions individuelles qui ont permis de changer la société.»

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