Les films séville Dans Freeheld, Julianne Moore interprète Laurel Hester, une détective atteinte d’un cancer qui se bat pour que sa conjointe, Stacie Andree (Ellen Page), puisse bénéficier de sa pension après son décès.

Métro a discuté avec Ron Nyswaner, le scénariste de Freeheld, qui vaut déjà à sa vedette Julianne Moore des rumeurs d’Oscar.

Le scénariste Ron Nyswaner, à qui on doit notamment Philadelphia, a observé de près le mouvement pour l’obtention du droit au mariage pour les homosexuels dans les cinq dernières années, mouvement ayant abouti à une victoire historique quand la Cour suprême des États-Unis a légalisé le mariage gai en juin dernier. Le sujet l’intéressait particulièrement parce qu’il travaillait à une adaptation cinématographique du court métrage documentaire Freeheld, qui suit la bataille d’une détective du New Jersey atteinte d’un cancer, Laurel Hester, pour obtenir que sa compagne de vie Stacie Andree puisse bénéficier de sa pension.

Le long métrage du même nom, dans lequel Julianne Moore incarne Hester, a fait ses débuts au TIFF en septembre dernier et sort maintenant en salle. Métro a parlé au scénariste.

Ça doit être étourdissant de constater à quel point les choses ont changé en termes de droit au mariage aux États-Unis, même depuis l’écriture du scénario.
Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas imaginé que je verrais de mon vivant le mariage gai être légalisé aux États-Unis. Il y a cinq ans, j’avais entrevu l’espoir que ça devienne possible, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite. Et ça me rend heureux qu’on ait remonté la pente aussi rapidement. Quand on y pense, en 2008, ni Barack Obama ni Hillary Clinton – deux personnes que j’admire pourtant – n’étaient en faveur du mariage gai. Ils soutenaient plutôt l’union civile. Ils n’étaient pas prêts en 2008 à soutenir le mariage gai. Alors, que la Cour suprême l’ait rendu légal, c’est fantastique.

«Aujourd’hui, nous pouvons regarder leur histoire comme un moment significatif qui a précédé le changement de courant.» –Ron Nyswaner, à propos de Laurel Hester et Stacie Andree, interprétées dans Freeheld par Julianne Moore et Ellen Page

Dans ce contexte, ça devient soudainement un film d’époque…
Laurel est décédée en 2005, alors c’est un film d’une époque très récente. Steven Goldstein, que Steve Carell joue dans le film, est un très important activiste et leader dans la bataille pour le mariage gai au New Jersey – il vous dirait que pour le combat de Laurel et Stacie, 2004 et 2005 ont été un tournant. Ce combat a beaucoup attiré l’attention simplement parce qu’elles avaient une telle dignité, et qu’elles demandaient quelque chose d’une façon tellement simple, que Goldstein connaît plusieurs politiciens qui ont dit : «Ç’a été la révélation pour moi. Leur combat au New Jersey, c’est ça qui m’a fait changer d’idée.» Aujourd’hui, nous pouvons regarder leur histoire comme un moment significatif qui a précédé le changement de courant. Et à cause de leur combat et de leur courage, elles ont été au premier plan de ce changement.

En tant que scénariste, à quel point sentez-vous le poids de la responsabilité quand vous racontez l’histoire de vraies personnes?

Je crois que ça m’influence beaucoup. Je fais beaucoup de recherches avant d’écrire. Philadelphia était une fiction, mais le scénario était basé sur beaucoup de recherche, sur les expériences vécues par des gens que j’avais condensées et mises en forme pour fabriquer les deux ou trois personnages principaux du film. Alors que dans Freeheld, nous utilisons les vrais noms des gens, nous faisons un film à propos d’un fait récent, et je me suis fait un devoir d’être aussi authentique que possible. Cependant, un cinéaste a aussi une responsabilité envers son public. Il y a des faits qui ont été changés, mais j’ai promis aux vraies personnes – Steven, Dane et Stacie – que l’essence de la vérité ne serait pas changée, et qu’autant que possible, je ferais dire aux personnages ce qui a véritablement été dit, je leur ferais faire ce qui a véritablement été fait. Je crois que la vérité est souvent plus puissante que mon imagination. (Rires) La vérité a un grand pouvoir.

En salle dès aujourd’hui.

 

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