David Christensen/ONF Douglas Chapman, qui interprète Grant Hadwin dans le film de Sasha Snow Hadwin’s Judgement

Les relations entre l’homme et la nature n’ont jamais été aussi troublantes et complexes que dans le documentaire Hadwin’s Judgement, du Britannique Sasha Snow.

À l’époque où Richard Desjardins prenait la caméra pour filmer L’erreur boréale, Grant Hadwin militait en Colombie-Britannique contre les coupes à blanc. Pourtant, en 1997, cet ingénieur forestier, inexplicablement, a détruit un arbre tricentenaire vénéré par une nation autochtone, les Haïdas.

«C’est une histoire plus étrange que la fiction, concède le réalisateur de Hadwin’s Judgement, joint au Royaume-Uni. Grant Hadwin était un individu fascinant et plein de contradictions, bon dans ce qu’il faisait, mais devenu incapable de vivre avec les conséquences de son travail.»

Un personnage tourmenté qu’aurait pu imaginer Werner Herzog et dont l’ambiguïté persiste encore de nos jours. Une sorte de légende, une parmi tant d’autres dans ce récit parsemé d’esprits et de mythes des Haïdas, où les randonnées dans le bois ressemblent à celles imaginées par le réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul.

Un mystère persiste au sujet de Hadwin, et il fallait être imaginatif pour en parler. «Surtout que le principal intéressé [porté disparu depuis 1997] n’était pas disponible pour commenter ses actions et que mon autre protagoniste – un arbre – est mort depuis 16 ans», avoue le cinéaste, dont le précédent essai, Conflict Tiger, a obtenu beaucoup de succès dans les festivals.

«C’est un film qui permet de discuter de ce qui est probablement le problème le plus important de notre époque: comment vivre dans un monde où l’on consomme tout sans frein.» – Sasha Snow

En plus des traditionnels témoignages, Sasha Snow a eu recours à une reconstruction des événements. Une démarche hybride entre la fiction et le documentaire qui rappelle celle d’Errol Morris et qui, accompagnée d’une magnifique photographie expressive et d’effets stylisés à la Requiem for a Dream, permet de véritablement entrer dans la psyché de son sujet.

«Je voulais utiliser Grant comme vaisseau pour déstabiliser l’audience et obliger les gens à réfléchir sur leur relation avec la nature et le monde qui les entoure, explique le cinéaste. On vit au XXIe siècle, et tout n’est pas au beau fixe.»


Hadwin’s Judgement
Au Cinéma du Parc
Du 23 novembre au 3 décembre

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