CIBL CIBL offre à de jeunes journalistes et groupes musicaux leur première chance de se produire en ondes. «Si cette station disparaissait, ce serait un trou énorme pour tous ceux qui visent à faire ce métier», estime son directeur, Gilles Labelle.

Si les grands joueurs de l’industrie des médias coupent partout, les petits joueurs, eux, «en arrachent». La station de radio communautaire montréalaise CIBL 101,5 se tourne pour la première fois de son histoire vers le socio-financement pour l’aider à poursuivre ses activités.

«L’idée, pour nous, c’est de pouvoir se rendre à la fin de l’année 2016», déclare au bout du fil le directeur général de la station, Gilles Labelle.

CIBL, qui a donné sa première chance à de grands noms comme Rock et Belles Oreilles, Marie-France Bazzo et Jean-René Dufort, a lancé la semaine dernière une campagne de socio-financement qui vise à récolter 35 000 $ d’ici le mois de mars 2016. «C’est vital, ajoute M. Labelle. Ça va nous permettre de tenir le coup. Si on n’a pas ce 35 000 $, on risque d’être en danger.»

Et le directeur n’exagère pas. Alors que les grands médias annoncent des coupes de personnel pour assurer leur survie, pas étonnant que de plus petits médias comme CIBL peinent actuellement à payer même leurs employés. «On a un problème de liquidité, avoue Gilles Labelle. Pour la première fois [la semaine dernière], il nous manquait de l’argent pour faire les payes de nos employés, parce qu’on est à la limite de la marge de crédit.»

Il faut dire que la station a une dette de 200 000 $ qui pèse sur ses finances. «Mais ce serait dommage de fermer un média de 35 ans pour une dette de 200 000 $», insiste le directeur. Alors, la station ne flanche pas. CIBL croit plutôt que la situation dans laquelle elle se trouve est la conséquence d’une suite de mesures d’austérité. «On avait une entente depuis six ans avec la Commission scolaire de Montréal, mais ils ont subi des coupes budgétaires du gouvernement, donc on a aussi perdu le budget qu’ils nous donnaient, explique M. Labelle. L’Agence métropolitaine de transport (AMT) et la Société de transport de Montréal (STM) se serrent aussi la ceinture, alors on a perdu notre entente avec eux.»

«C’est symptomatique d’une industrie des médias qui bat de l’aile, et nos annonceurs, ce sont des organismes culturels qui eux aussi se font couper.» -Gilles Labelle, directeur général de la radio CIBL

12311943_10153243723407197_391141816_o Devant l’adversité, CIBL a fait comme tout le monde, elle a coupé dans ses dépenses, jusqu’à n’avoir que le minimum requis pour fonctionner. Elle a coupé dans l’entretien ménager, elle a coupé son directeur des émissions, elle n’a pas remplacé son responsable de la salle de nouvelles qui est parti en septembre. Son émission quotidienne du midi est maintenant constituée de reportages en rediffusion. «Mais ce n’est pas parce qu’on a coupé des salaires annuels qu’il va me tomber 50 000 $ sur la tête demain matin», explique le directeur de CIBL.

Avec toutes ces compressions, CIBL estime qu’elle pourrait finir l’année avec un léger surplus qui lui permettrait de respirer. «Mais il faut absolument se rendre jusqu’au mois d’août 2016 pour dire qu’on va pouvoir s’en sortir», nuance le directeur. Et c’est en partie avec cette somme de 35 000 $ amassée par socio-financement qu’elle pourra le faire. Si l’objectif  avait été plus élevé, «personne n’y aurait cru», estime Gilles Labelle.

La station est déjà allée cogner à la porte de la SODEC, de PME MTL et de différents ministères cet été, ce qui lui a rapporté 85 000 $ en argent neuf. «Mais on ne peut pas aller cogner à ces mêmes portes une deuxième fois», explique le directeur. «On ne peut plus faire de radiothons comme on le faisait avant, les circonstances ne s’y prêtent plus. On est en 2015, on prend les moyens de 2015», ajoute-t-il.

La campagne de CIBL

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