Cette semaine, on craque pour… Coco, Le long voyage de Pierre-Guy B., le retour de Germinal, Madame America, Blue Moon, Flesh and Bone et la vidéo de Joseph Gordon-Levitt.

1. Coco
Cinq copines à divers moments de leur amitié. Avant, avec des chouchous roses dans les cheveux et des t-shirts de Mickette. Après, avec des shooters de liquide vert à la main. Maintenant, quand l’une d’entre elles est partie. Trop vite. Mis en scène par Mathieu Quesnel, ce premier texte de Nathalie Doummar, qui incarne avec sensibilité la Coco du titre, a tout bon. Le décor du chalet où les filles se retrouvent, le divan-lit qui s’ouvre et se referme mal, le linge d’intérieur, la chemise à carreaux et les gros bas de laine. Il y a aussi le casting irréprochable et les clins d’œil drolatiques, comme cette préado qui fait du pseudo break dance en soufflant fort. Puis ces minutes où le noir se fait et où les confidences des actrices déboulent. Sans oublier ces passages où elles redeviennent petites, où l’une d’entre elles s’invente un amoureux, «Gary Berth qui va à l’école St-Berthélémy», où elles parlent du plus beau gars de la classe, ÉMILE RACINE. «Eeeeew, ses tibias sont comme, super longs!» Et même s’il est question de sujets lourds, l’ambiance ne l’est jamais. Le genre de moments impeccables pour lesquels on va au théâtre. À La Licorne jusqu’au 20 février, avec Sarah Laurendeau, Nathalie Doummar, Marie-Soleil Dion, Anne-Marie Binette et Kim Despatis. (Natalia Wysocka)

2. Le long voyage de Pierre-Guy B.
La glace est parfois mince sous les pas qui mènent la marche de nos vies. Christian a préféré rester sur le rivage sans risque d’une vie rangée. Quant à Pierre-Guy, sa quête d’absolu le mène au bord de la noyade, sur une banquise qui menace de craquer sous le poids de sa révolte. L’amitié les unit, dans la vie comme sur la scène. Cette œuvre donne à voir une complicité d’acteurs comme peu de productions théâtrales en offrent. Intelligente, drôle, rythmée, elle se résume en un mot: parfaite. Au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 6 février. (Sébastien Tanguay)

3. Le retour de Germinal
Yé! L’originale pièce franco-belge Germinal, qu’on avait adorée au Festival TransAmérique en 2014, est de retour à Montréal! On se souvient d’avoir beaucoup ri et réfléchi en assistant à la création – en même temps qu’à la découverte – d’un monde par quatre acolytes, à partir de zéro. On était passée de surprise en surprise devant les trouvailles de ces bâtisseurs qui façonnent l’espace scénique et organisent leur «société» selon leur compréhension de l’univers. Ils nous refont une petite place dans leur tournée internationale? On y retourne! À l’Usine C du 3 au 6 février. (Roxane Léouzon)

4. Madame America
À l’aube de la première étape des primaires américaines, voici un livre éclaté en 100 courts chapitres à dévorer ce week-end! Écrit sur un ton décontracté, mais bourré d’infos sous forme de textes et de quiz, Madame America raconte la vie de la présidentiable Hillary Clinton. Les journalistes de La Presse Alexandre Sirois et Richard Hétu retracent notamment l’enfance malheureuse de sa mère, sa rencontre avec Bill, l’affaire Lewinsky – «l’événement le plus dévastateur et douloureux de [s]a vie» – ainsi que les bons et mauvais coups de sa carrière politique, entre authenticité et stratégie. Un condensé idéal pour ceux qui ne veulent/peuvent pas s’attaquer aux dizaines de biographies, entrevues et autres ouvrages politiques concernant Madame Clinton. On y parle même de Céline Dion… et de la Reine des neiges. Décontracté, on vous dit. (Baptiste Barbe)

5. Blue Moon
Difficile de s’arrêter une fois qu’on a commencé la palpitante nouvelle série Blue Moon, dans laquelle une jeune femme se retrouve à la tête d’une organisation paramilitaire privée à la suite de la mort de son père. Ça tombe bien pour les abonnés du Club Illico, puisque les 10 épisodes y sont prêts à être dévorés en rafale. Avec l’équipe gagnante formée de Luc Dionne (Omertà) au scénario et Yves-Christian Fournier (Tout est parfait) à la réalisation, on se doutait qu’on aurait droit à une production de qualité, et on ne s’était pas trompée, notamment grâce aux nombreux rebondissements et à la distribution relevée – Karine Vanasse, Luc Picard, Caroline Dhavernas, et notre coup de cœur, Patrice Godin. (Jessica Émond-Ferrat)

6. Flesh and Bone
On a vécu le déferlement de séries sur les médecins. Nouvelle (et vraiment appréciée) tendance? Les émissions sur le monde du ballet. Hyper sombre – au point où Black Swan semble, osons, pas si obscur que ça –, Flesh and Bone, ce sont huit épisodes faits de jalousie, de coups bas, de trucs limite éthiques. Portée par Sarah Hay, danseuse professionnelle qui a d’ailleurs participé au film d’Aronofsky, l’œuvre suit le parcours d’une ballerine qui fuit Pittsburgh «pour des raisons familiales» et se fait embaucher dans une compagnie new-yorkaise où tout le monde se hait et où le directeur, extravagant, vil et snob personnage, entre en trombe dans les salles en hurlant, en français: «Bonjour! Bonjour! Je pourrais baiser avec tout le monde aujourd’hui!» Bonus: la chanson thème est signée Karen O. Génial. Sur iTunes. (Natalia Wysocka)

7. La vidéo de Joseph Gordon-Levitt
Vous vous sentez dans le creux de la vague? Vous avez besoin d’inspiration? De motivation? Joseph Gordon-Levitt a présenté cette semaine sa plateforme hitRECord.org! Là, vous vous dites «Encore un nouveau média social/plateforme collaborative/app mobile!» Il faut écouter la vidéo d’introduction (Vous a-t-on dit qu’elle a déjà été vue près d’un milliard de fois? pour comprendre qu’il s’agit de bien plus que ça. C’est le coup de pied dont vous avez besoin, c’est l’univers créatif que vous avez toujours cherché, ce sont les gens cool que vous adorez fréquenter! Cette vidéo nous donne envie de retrousser nos manches, de croire que nous aussi on peut réussir, de prendre 2016 à bras-le-corps! facebook.com/JoeGordonLevitt. (Chloé Freslon)

 

On se désole pour…

Un blanc qui joue Michael Jackson
Oui, la peau de Michael Jackson était plutôt claire dans les derniers moments de sa vie. Mais il était tout de même Afro-Américain. Et en cette période de #OscarsSoWhite, quand une nouvelle a commencé à circuler sur différents sites web comme quoi l’acteur tout ce qu’il y a de plus blanc Joseph Fiennes allait jouer le rôle du roi de la pop dans un téléfilm, on a levé les yeux au ciel. Quelle qu’ait été la teinte de la peau du chanteur dans ses derniers jours, la décision de confier à un Blanc plutôt qu’à un Noir le soin de l’interpréter n’en reste pas moins dangereusement proche du blackface, et une preuve que Hollywood a encore bien du chemin à faire en ce qui concerne la diversité. (Jessica Émond-Ferrat)

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