Métropole Films John C. Reilly, Ben Whishaw et Colin Farrell dans The Lobster

Imaginez un monde avec un Colin Farrell bedonnant, amorphe et galérien avec les femmes. C’est l’incroyable postulat de la dystopie déjantée The Lobster.

Le célibat vous terrorise? The Lobster décuplera vos angoisses. Yorgos Lanthimos, prix du jury du festival de Cannes, y décrit un futur proche dans lequel toute personne ne trouvant pas chaussure à son pied finit transformée en animal. «Nous avions l’idée de la critique d’une société organisée pour et autour du couple, et nous cherchions une punition horrible pour quelqu’un qui ne suivrait pas les codes, explique le réalisateur. La mort ou la prison étaient trop extrêmes, car nous voulions que les êtres restent utiles à la société. La métamorphose collait avec cette idée.»

Et pas seulement : déjanté et original, ce postulat po­sitionne immédiatement en marge le troisième long métrage du réalisateur grec d’Alps et de Canine.  «J’aime que le spectateur sorte de sa zone de confort, je veux le surprendre en ne lui montrant pas ce qu’il s’attend à voir. (…) Depuis le début, nous avons suivi nos propres règles, notamment en ne nous limitant pas dans le ton ou les genres abordés.»

«J’aime que le spectateur sorte de sa zone de confort, je veux le surprendre en ne lui montrant pas ce qu’il s’attend à voir.» -Yorgos Lanthimos, réalisateur de The Lobster

Colin Farrell comme vous ne l’avez jamais vu
Résultat : comédie, science-fiction, critique sociale et pas­sion cohabitent, à l’instar d’acteurs issus d’univers très variés. La distribution internationale compte John C. Reilly, Léa Seydoux, Rachel Weisz et Colin Farrell, antihéros ventripotent qui, pour échapper à son destin de homard, s’enfuit dans la forêt avec les résistants du célibat.

«Je l’avais aimé dans In Bruges, et en regardant des entrevues, j’avais remarqué son sens de l’humour. Je trouvais aussi intéressant de le voir dans un emploi différent de celui dans lequel on l’attend.» Surprendre, encore et toujours. Le pari est réussi. Si la coquille de The Lobster n’est qu’à moitié pleine, l’audace du projet ne fait aucun doute.

The Lobster
En salle dès vendredi

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