Damian Siqueiros Les danseurs Sam Colbey et Vanesa Garcia-Ribala Montoya.

Certains disent que «60, c’est le nouveau 20!» Dans le cas des Grands Ballets canadiens, 60, c’est le nouveau… plein de choses. Dont une nouvelle salle. À savoir le Wilder Espace Danse, qui sera sis en «plein cœur du Quartier des spectacles!», comme le veut la formule consacrée, et dont l’ouverture est prévue l’hiver prochain. Mais ces 60 ans, ce sont surtout ceux où Gradimir Pankov, à la barre de la compagnie depuis 18 ans, fera ses adieux.

Pour cette dernière saison, le très apprécié directeur artistique a confié avoir regroupé «ses coups de cœur personnels». Visiblement ému, il a aussi assuré hier, lors d’un chic événement au Théâtre Maisonneuve, ne pas avoir pensé qu’à lui. Les œuvres qu’il a soigneusement choisies sont en effet les pièces «ayant été les plus appréciées par le public montréalais au fil des années».

Ainsi, le Roméo et Juliette créé par le chorégraphe français Jean-Christophe Maillot pour les Ballets de Monte-Carlo en 1996 reprendra vie en octobre (décidément, l’histoire d’amour de Shakespeare est immortelle: Serge Denoncourt la monte, lui, au TNM cet été).

Rappelons que le classique de Maillot, qualifié par M. Pankov de «masterpiece», a déjà été interprété par les Grands Ballets en 2004, en 2006 et en 2009. Porté par la majestueuse musique de Prokofiev, ce ballet se distingue, entre autres, par la fameuse scène de bataille entre les Montaigu et les Capulet, qui se déroule ici au ralenti. «Chaque fois qu’on rejoue cette œuvre, le succès est plus grand et plus grand encore!» s’est réjoui le directeur.

Suivant son désir de faire une saison de «meilleur de» (lire: best of), M. Pankov a également prévu, pour le mois de mai, un programme triple, comportant deux pièces d’un de ses complices de longue date, le chorégraphe tchèque Jiří Kylián. Les chorés choisies? Falling Angels et Evening Songs. «Ce sont des bijoux!» s’est-il exclamé.

Suspense
L’annonce de la présentation, en février, de ce monument de la danse qu’est Le Lac des cygnes, interprété par le Ballet de l’Opéra de Perm, a généré des «ohhhh!» dans l’assemblée. Autre chose qui a suscité des ooooh? Lorsque la présidente du conseil d’administration des Grands Ballets, Constance Pathy, a commencé à énumérer (sans le nommer, lui) le parcours du futur nouveau directeur artistique qui remplacera officiellement, dès la saison 2017-2018, M. Pankov.

Faisant durer le suspense, elle a semé les indices, disant notamment que le candidat couronné avait autrefois été danseur étoile et boursier du Bolchoï Ballet à Moscou (murmure impressionné). Finalement, elle a annoncé la nomination de «Ivan Cavallari!» à titre de directeur artistique des Grands Ballets. Montant sur scène, l’artiste globe-trotteur et polyglotte d’origine italienne s’est présenté à Montréal.

Blagueur, il a noté, dans un français impeccable : «Parfois, le matin, avec mon café, je me dis écoute Cavallari – car oui, je me parle à la troisième personne –, as-tu envie de recommencer une nouvelle aventure? Et la réponse est oui. J’ai très envie!» Ce dont il a très envie aussi? Célébrer la danse sous toutes ses formes. Des préférences stylistiques? Il affirme ne pas en avoir. «Je trouve qu’on fait de l’art, plutôt qu’un style, nous a-t-il confié après la conférence. Les danseurs doivent être aujourd’hui capables de se confronter à différentes choses.»

Avouant qu’il lui tarde de découvrir Montréal (qu’il «connaît très, très peu»), M. Cavallari a ajouté qu’il voit la nouvelle saison (pas l’été, mais celle des Grands Ballets) comme «une belle célébration pour Gradimir». «C’est comme une petite… comment dis-je? Boîte de chocolats! Avec différents bonbons dedans. Différents goûts.»

Quand on lui fait remarquer qu’il semble être rigoleur et enjoué, M. Cavallari acquiesce: «J’essaye de toujours tendre vers le sourire parce que qu’est-ce qu’on a autrement dans la vie?» Le café? suggère-t-on. Le futur directeur artistique des Grands Ballets éclate de rire. «Ah! Mais si le café n’est pas bon, alors le sourire s’en va!»

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