Les Films Séville Le réalisateur Dominic Goyer

La quête du père est plus importante que jamais dans L’origine des espèces, le premier long métrage de Dominic Goyer.

Et si votre père (Marc Béland) n’était pas votre père? C’est ce qui arrive à David (Marc Paquet) lorsqu’il se met à enquêter sur le passé douloureux et mystérieux de sa mère (Élise Guilbault).

«C’est comme Candide de Voltaire, qui est tout pur et blanc au début, illustre le réalisateur et scénariste Dominic Goyer. Une fois que sa cloche de verre s’écroule, il commence à changer de couleur au contact des gens.»

Pour ce déroutant récit à saveur autobiographique («Je ne connaissais pas vraiment mon père. Imagine si je faisais partie d’une famille de monstres!»), le metteur en scène a dû séparer les histoires de sa vie et celle de son film. Surtout au moment le plus important de la production.

«Une fois que j’ai trouvé mon père, j’ai pu écrire la scène finale, confie l’auteur des courts métrages Notre nature et La monstre. Il y avait peut-être un élément inconscient qui faisait que j’avais une pudeur d’aller là.»

La conclusion ne peut que surprendre, à l’instar du récit qui débute dans le drame familial – comme tant d’essais au Québec – avant de verser dans le suspense psychologique, l’humour absurde et l’animation.

«Notre héritage québécois du documentaire et de la prise directe, c’est bien. Mais ce qui m’intéresse, c’est de créer un univers qui n’est pas nécessairement réaliste», admet son cinéaste, qui n’est pas insensible au cinéma éclaté de Bertrand Blier et de Yorgos Lanthimos. «J’aime beaucoup les ruptures de ton, quand on ne sait pas exactement où on va. Il y a quelque chose d’excitant. Je n’ai aucun problème si on a des malaises, si on rit et si, après, ça devient intense.»

«Tous les ingrédients sont là pour faire un film typiquement dans la tradition du film québécois qui va faire fuir le public. Il y a les clichés du suicide, de la quête d’identité, de la filiation… Ce que j’ai aimé, c’est que le réalisateur va ailleurs et il évite l’écueil du film misérabiliste.» -Marc Béland, acteur, au sujet de sa participation à L’origine des espèces

À fond
L’origine des espèces vient à peine de paraître que Dominic Goyer a déjà trois nouveaux projets en préparation. Il compte bien mettre en application ce qu’il a appris afin de continuer sa «trilogie métaphysique». «J’ai compris qu’il faut prendre ce qu’on possède de plus unique, dans le sens que ce soit juste moi qui puisse faire un film donné, médite-t-il. Il faut aussi avoir une proposition forte et vraiment s’assumer. J’ai été un peu timide pour plein de raisons sur ce film-ci, je me suis censuré… Je suis content de mon film, vraiment. Sauf que je sais où il aurait pu aller, en étant un peu plus intense et grotesque, comme chez Zulawski. Watch out pour la suite!»

L’origine des espèces
En salle vendredi

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