TVA films Dans la comédie Lolo, qu’elle a réalisée et coscénarisée et dans laquelle elle joue, Julie Delpy partage l’écran avec Dany Boon. «J’ai écrit en pensant à lui et il a accepté très vite!»

Julie Delpy, réalisatrice de 2 Days in New York et 2 Days in Paris, est tiraillée entre son amant (Dany Boon) et son fils machiavélique (Vincent Lacoste) dans Lolo. Rencontre avec une réalisatrice, scénariste et actrice à la franchise irrésistible.

Comment est née cette histoire d’amour empoisonnée par un fils machiavélique?
J’aime torturer mes personnages. Dans une certaine mesure, c’est très drôle de voir les gens souffrir. Et j’aimais que le pervers narcissique ne soit pas un amant jaloux, mais un enfant dictateur motivé par un gros complexe d’Œdipe. J’adore la psychanalyse à deux balles et ça m’amusait d’en faire un postulat de comédie.

Dans votre film, la parole est libre, le langage cru.  
J’adore la gouaille de la langue française. Quand je parle de sexe avec mes amies, c’est cash : on s’envoie des trucs à la gueule et on appelle une chatte une chatte. C’est rarement retranscrit au cinéma parce qu’il faut garder le mystère de l’actrice, ne pas l’abaisser à lui faire dire des trucs de cul… C’est complètement débile! Comme la question de l’âge, d’ailleurs : on m’a félicitée de jouer la mère d’un gamin de 20 ans. Comme si c’était un exploit! C’est dire à quel point ce milieu est parfois tordu. J’ai 45 ans, pas 30, et ça se voit. Moi, j’aime les actrices qui osent, qui assument. C’est notamment pour ça que j’ai choisi Karin Viard.

Et Dany Boon?
J’ai écrit en pensant à lui et il a accepté très vite. Au début, certaines répliques le rendaient nerveux, comme celle où il me dit que j’ai un gros cul. Je l’ai mis à l’aise tout de suite :  quand on s’engueule, ça fuse, ça vole, c’est dégueulasse. Et puis, le cinéma n’est pas fait pour flatter l’ego ou rester dans des carcans. Moi, si je n’essaie pas d’aller plus loin, je m’emmerde.

«Le cinéma n’est pas fait pour flatter l’ego ou rester dans des carcans. Moi, si je n’essaie pas d’aller plus loin, je m’emmerde.» -Julie Delpy

Quand, dans le scénario, vous dites qu’il est moche, ça passe tout seul aussi?
Beaucoup auraient tiqué, mais Dany, ça ne l’a pas emmerdé. Peut-être parce qu’il s’amuse lui-même avec son physique : il a beaucoup de second degré. Et puis il n’est pas moche de toute façon: c’est juste le point de vue d’un gamin jaloux. Et comme je dis juste après que le personnage a une grosse bite, ça fait passer la pilule. C’est le secret pour séduire n’importe quel acteur : flatter son engin!

Et pour qu’il refuse?
Il faut dire qu’il ne bande pas. J’ai même été obligée d’enlever cette réplique d’un de mes films : aucun mec n’acceptait à cause de ça.

Vous propose-t-on plus de rôles depuis vos succès de réalisatrice?
Je viens de tourner Wiener-Dog avec Todd Solondz, mais comme mes films m’occupent pas mal, il faut que ça vaille vraiment le coup pour que j’y aille. Je me suis d’ailleurs écrit un super-rôle dans un film que j’essaie de monter. On n’est jamais mieux servi que par soi-même!

Lolo
En salle vendredi

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