Cette semaine, on craque pour… 887, Encore une fois si vous permettez, Don Quixote, Les fleurs de pinotte, The Range, Silicon Valley – saison 2 en DVD et Occupied.

1. 887
À la fois éminemment personnel et résolument universel, ce nouveau solo de Robert Lepage aborde le sujet de la mémoire : celle d’un acteur qui tente d’apprendre par cœur le poème Speak White de Michèle Lalonde, celle d’un homme évoquant le souvenir de son père chauffeur de taxi, celle d’un peuple qui a oublié ses combats d’hier. Le texte teinté d’humour et d’émotions toujours bien dosées, par lequel le comédien et metteur en scène nous happe dès les premières minutes, est bien servi par une mise en scène comme toujours ingénieuse et somme toute assez sobre. Les souvenirs d’enfance de Lepage sont évoqués à l’aide de projections tirées d’une maquette du fameux immeuble à logements du 887. Un spectacle beau et émouvant dont on se souviendra, bien sûr, longtemps. 887, de et avec Robert Lepage, est présenté au TNM jusqu’au 8 juin. (Jessica Émond-Ferrat)

2. Encore une fois si vous permettez
Encore une fois, on est mis devant le talent immense de Guylaine Tremblay. Encore une fois, on se rappelle à quel point les textes de Michel Tremblay sont brillants. Encore une fois, on réalise à quel point ses personnages sont bien dessinés, leurs peines refoulées, leurs espoirs déçus, leurs ambitions vivantes. Encore une fois, on renoue avec Nana, mère plus grande que nature, aimante, dramatique, sensible et drôle. Oui, on la reverrait encore une fois, cette production remplie d’émotions. Car tout est possible au théâtre. Au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 14 mai. (Natalia Wysocka)


3. Don Quixote
Il y a d’abord la technique, hallucinante. Ces sauts si hauts terminés par des atterrissages ô combien délicats. Ces entrechats impeccables. Ces ports de bras royaux. Et ce slalom sur pointes exécuté entre des dagues posées au sol. Fou. Il y a aussi la grâce et l’élégance globales. Puis de l’humour, des costumes bariolés, et une séquence de rêve (dans les deux sens du terme). Mais il y a surtout, surtout (et ça, ça vaut des milliers d’étoiles) ces sourires absolument éclatants qu’arborent tous, tous, tous les danseurs du Ballet Nacional de Cuba, mené par l’estimée Alicia Alonso, 94 ans. À la salle Wilfrid-Pelletier jusqu’à samedi avec leur Don Quixote, ils ont l’air de s’amuser comme des gamins. (Des gamins capables d’exécuter 30 pirouettes de suite et de s’élever, non, de voler autour de la scène.) Magnifique. (Natalia Wysocka)


4. Les fleurs de pinotte
Voilà un album de chansons pour enfants que les parents ne seront pas tannés (enfin, presque pas) d’entendre de sitôt enfin! Les fleurs de pinotte propose de courtes chansons ludiques, mais dont les paroles ne sont pas abrutissantes, avec un humour bien dosé et approprié. Coup de cœur pour la trame sonore de l’album en entier, où la musique électro-enfantine est tout ce qu’il y a de plus moderne. Des noms bien connus chantent sur l’album, dont Klô Pelgag. (Virginie Landry)

5. The Range
Dans les méandres du web, on trouve de tout. James Hinton, alias The Range, a trouvé, lui, de quoi fignoler un second album fourmillant d’influences électros, reggae, pop, house, hip-hop. Usant d’échantillons de chanteurs et rappeurs (et leur donnant le crédit qui leur revient), le DJ brooklynois a concocté une pièce joliment ficelée. Paru sous étiquette Domino, le fruit de son travail s’ouvre sur un type à l’accent britannique qui énonce : «Pour le moment, si jamais j’échoue, je n’ai pas de plan B. Mais j’ai décidé d’avancer.» L’auditeur avancera, lui, entre les ambiances tour à tour nocturnes, émotives, entraînantes, oppressantes. Intéressante épopée. (Natalia Wysocka)

6. Silicon Valley – saison 2 en DVD
La bande de Pied Piper est de retour pour une deuxième saison, disponible en DVD, et même si on avait laissé nos geeks préférés sur une victoire, les embûches qui se dressent sur le chemin de leur réussite sont toujours aussi nombreuses. Cette seconde saison de la série de Mike Judge, diffusée sur HBO, nous ramène des personnages complètement loufoques, joyeusement irrévérencieux et attachants… malgré leur manque flagrant d’habiletés sociales, qui représentent de manière à peine exagérée le monde des «start-ups». L’humour y est d’ailleurs toujours aussi décapant. (Jessica Émond-Ferrat)

7. Occupied
On le sait, les Norvégiens sont passés maîtres dans l’art du thriller littéraire. Mais qu’en est-il des séries télévisées? Si l’on se fie à Occupied, un suspense politique enlevant né d’une idée originale de l’écrivain Jo Nesbø, ils n’ont rien à apprendre de personne. Quelle série palpitante! Pendant que l’Union européenne vit une crise énergétique, le gouvernement écologiste norvégien cesse sa production pétrolière et gazière, puis est forcé par les Russes de la reprendre. Là commence l’occupation. Coup de cœur pour le personnage de Hans Martin Djupvik (Eldar Skar), le valeureux garde du corps du premier ministre. Disponible avec sous-titres sur Netflix. (Rachelle McDuff)

On se désole pour…

La fermeture de La Boîte noire
Ça y est : le club vidéo répertoire La Boîte noire, une véritable institution pour les cinéphiles, fermera bientôt ses portes. Bien qu’on fasse partie de ceux qui ont délaissé les clubs vidéo au profit des services numériques, on ne peut s’empêcher d’éprouver de la tristesse face à ce qu’il convient de qualifier de fin d’une époque. Premièrement parce que Netflix ne regorgera jamais d’autant de trésors que La Boîte noire, et tout simplement parce que quiconque a connu l’âge d’or des clubs vidéo sait que les plateformes numériques ne pourront jamais reproduire le charme d’une promenade entre deux allées de VHS ou de DVD à la recherche du film du soir. Adieu, Boîte noire, et merci pour les belles années! (Jessica Émond-Ferrat)


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