Graham Hughes Johan Larsson, Mike Condon,. Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Déjà pas commode, le métier de gardien de but dans la Ligue nationale de hockey est peut-être appelé à devenir carrément ingrat et périlleux, si certains directeurs généraux du circuit arrivent à leurs fins.

La première de trois journées de réunions des directeurs généraux, à Boca Raton, lundi, n’avait pas permis de se pencher sur la baisse généralisée de la production offensive dans le circuit. Mais ce n’est sans doute que partie remise.

Avant les trois matchs de dimanche, il s’était marqué une moyenne de 5,39 par rencontre. Il s’agit d’une baisse de 106 buts par rapport au même nombre de matchs il y a un an. Et après ces parties, dont deux ont résulté par des jeux blancs, cette moyenne a de nouveau baissé.

Dans une entrevue accordée à un journaliste de nhl.com, le directeur général des Predators de Nashville, David Poile, a reconnu qu’il préférerait voir des «scores de 4-3, au lieu de 3-2», ce qui semble être la norme depuis le début de la saison.

Plus tôt en saison, lors du passage de l’Avalanche du Colorado au Centre Bell, Patrick Roy avait suggéré une réduction de la taille des poteaux des buts, plutôt que celle de l’équipement des gardiens, par mesure de sécurité pour ces derniers.

Mais selon les premières indications, l’idée de l’ancien grand gardien sera probablement mise de côté.

Vulnérabilité

La sécurité préoccupe également Mike Condon et Ben Scrivens, qui espèrent tous deux que cet élément ne sera pas négligé dans le simple but de faire bondir davantage les spectateurs de leur siège.

«C’est un aspect très important. Nous comptons beaucoup d’équipement protecteur, mais il reste encore plusieurs endroits où nous sommes vulnérables, a confié Condon, en faisant allusion aux côtes, aux genoux, à l’intérieur des bras et même au cou.

«La rondelle se déplace pas mal rapidement, et si elle vous frappe au mauvais endroit, ça peut mener à des blessures. S’il y a des changements, j’espère que tout ça sera fait avec les meilleures intentions. Il y a beaucoup de gens qui se penchent sur la question, et il est à souhaiter qu’ils arriveront avec des mesures sécuritaires et efficaces.»

Condon convient qu’une augmentation du nombre de buts pourrait générer plus d’intérêt encore auprès des amateurs. Mais dans sa peau de gardien, il considère qu’il s’en marque déjà amplement en ce moment.

«Vous revoyez des matchs des années 1970 et 1980, et vous constatez qu’il était plus facile de marquer des buts. Mais il faut voir comment le sport s’est transformé à cause de la technologie. Les joueurs sont meilleurs, les gardiens sont meilleurs et les systèmes de jeu sont mieux développés. Pour toutes ces raisons, c’est un peu normal que le nombre de buts diminue. Je pense que 5,5 buts par match, c’est pas si mal. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’en avoir plus. Le jeu est déjà très excitant.»

Quant à Scrivens, il est également important de se pencher sur les conséquences d’un équipement réduit sur le gagne-pain de ceux qui le portent match après match.

«S’il est convenu de réduire l’équipement pour augmenter le nombre de buts, ça pourrait avoir des répercussions sur notre valeur sur le marché quand viendra le temps de renégocier notre contrat, fait-il remarquer.

«Dans un tel cas, on ne pourra plus tenir compte des mêmes données pour évaluer le taux d’arrêts d’un gardien ou sa moyenne de buts alloués. Il faudra revoir les exigences envers les gardiens, et ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Si on nous demande d’accepter certains changements à notre sport, nous allons devoir demander un juste retour des choses et qu’on accepte le fait qu’il se marquera plus de buts d’un côté comme de l’autre. On ne pourra pas nous tenir responsables de ce qui peut être vu comme de ‘mauvais buts’ parce que l’on cherche à augmenter la production offensive.»

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