Collaboration spéciale Chronic

Quelles œuvres font jaser à Cannes? Se font applaudir? Reçoivent un accueil plutôt froid? Quels sont les parcours des cinéastes qui les signent? Et des acteurs qui y jouent? Qu’en a pensé la presse? Qu’en a pensé Métro? Voici quelques réponses pour les films qu’on a vus et qu’on a aimés. Passionnément. Follement. Ou plus modérément.

Ça s’appelle comment? Chronic

C’est présenté où?
En compétition officielle

C’est réalisé par qui? Le cinéaste mexicain Michel Franco

Qui, par le passé, a fait quoi? Il a notamment remporté, en 2012, le Prix Un Certain Regard pour son deuxième long métrage, Después de Lucía, un drame qu’il a réalisé, écrit et co-monté. N.B. : L’année où Michel Franco a gagné, Tim Roth était président du jury qui l’a récompensé.

Et ce film-ci, il parle de quoi? D’un aide-soignant solitaire dont la vie consiste principalement à s’occuper de ses patients et à faire du jogging. Mais surtout, à s’adonner à la première de ces deux activités. Dévoué, calme et compatissant, cet homme réservé s’attache néanmoins un peu trop aux personnes malades dont il prend soin, et semble ressentir toute leur douleur. Ce qui n’est pas sans lui causer quelques soucis.

Et au générique, on retrouve qui? Le Britannique quinquagénaire Tim Roth, alias (revenons dans le temps) Monsieur Orange dans Reservoir Dogs. Beaucoup le connaissent aussi pour son rôle de psy décodeur de langage corporel dans la télésérie Lie to Me. Plus récemment l’acteur a joué (c’est probablement un moyen souvenir pour lui) le Prince Rainier III dans le très mal reçu biopic Grace de Monaco.

Quelques citations-clés?

«Je suis surprise de vous voir. Assistez-vous toujours aux enterrements de vos patients?
– Parfois.»

«Voulez-vous prendre une douche?
– Je veux mourir.»

L’accueil des spectateurs (le jour où nous l’avons vu)? Quelques applaudissements. Polis.

Les échos de la presse? Chronic a divisé la critique, mais c’est surtout sa finale qui a été décriée. Télérama, qui a trouvé le tout «d’un réalisme à la fois naïf et racoleur», s’est désolé de ladite finale, se demandant s’il s’agissait là d’un «rebondissement conclusif, [d’une] maladresse, [d’une] désinvolture ou [d’une] inconséquence de l’auteur». Le Monde aussi a parlé de cet «épilogue d’une telle brutalité manipulatrice qu’il mériterait d’être dévoilé». Le Point a quant à lui titré : «On a trouvé le film le plus déprimant de l’année!» et a «décerné» au réalisateur mexicain la Palme du long métrage «que, quand tu le vois, t’as juste envie de te flinguer».

Nos impressions? Film qui ne se laisse pas aimer facilement (mais tel n’était clairement pas son but), Chronic déstabilise, rentre-dedans et laisse perplexe. On aime qu’il ne joue pas sur les sentiments, qu’il soit aussi froid et clinique. Ce n’est assurément pas un «plaiseur de foules» (ou crowd-pleaser). Visuellement, le décor ne saurait être qualifié de «magnifique», oh que non, le tout se déroulant en banlieue américaine, les voitures concurrençant leur temps à l’image avec les chambres des malades, beiges et tristes. Sans oublier les prises dans le gym, moche et quasi désert, dans lequel Tim court sur son treadmill, en soufflant. Toujours dans le silence. Soulignons au passage que certaines scènes (de physiothérapie notamment) évoquent par moments, en filigrane, de loin, le Amour de Haneke.

Nos étoilo-palmes? 3.5

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