Claude Lapierre/monscoop@journalmetro.com Des professeurs ont dénoncé la Loi 12, lundi, à l’Université du Québec à Montréal.

Des professeurs de cégep et d’université refusent d’être obligés d’enseigner. Plus de 2 000 d’entre eux, du Québec et de l’étranger, ont signé un manifeste qui dénonce la Loi 12 (anciennement projet de loi 78) et la rentrée forcée qu’elle implique.

Ils ont dévoilé lundi cette position, alors que les associations étudiantes commençaient à tenir des votes de reconduction de grève qui se poursuivront tout au long du mois d’août. Ce faisant, les professeurs offrent un appui total à la démocratie étudiante. «Nous allons nous conformer aux décisions des étudiants», a affirmé Michel Seymour, professeur de philosophie à l’Université de Montréal.

Les enseignants ont dénoncé le climat du tous contre tous dans lequel se trouverait la communauté collégiale et universitaire. La Loi 12 spécifie que nul ne doit «ralentir, altérer ou retarder» la reprise ou le maintien des services d’enseignement. Les professeurs devraient donc donner leurs cours, peu importe les décisions prises par les étudiants en assemblées générales.

Cela les forcerait à «pénaliser ceux et celles qui respecteraient leur vote de grève», selon le manifeste. «Nous ne souhaitons pas être des instruments de répression contre un mouvement légitime», a déclaré Martin Jalbert, enseignant en littérature au Cégep Marie-Victorin.

Les professeurs ont avancé que plusieurs de leurs collègues avaient refusé de signer le manifeste par peur de représailles, malgré leur appui à son contenu. «C’est le cas des professeurs de l’Université du Québec en Outaouais, a indiqué Mathieu Teasdale, enseignant en littérature au Cégep de Saint-Laurent. Ce qu’on dit, c’est qu’il faut être plus forts que cette peur-là.»

Un professeur venu de France, Stéphane Enjalran, était présent à l’UQAM lundi pour la lecture publique du manifeste. Il a souligné que la lutte des étudiants avait une portée universelle. Des centaines de professeurs de divers pays ont d’ailleurs signé le manifeste. Il s’agit notamment d’enseignants de la France, de la Belgique, de l’Afrique du Sud, des États-Unis et de la Grèce.



Les étudiants rassurés

Le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est dit très touché du respect que les professeurs démontrent envers leurs décisions.

«Ça va rassurer les étudiants qui se demandaient quelle serait l’attitude des profs si jamais la grève se poursuivait», a-t-il affirmé.

De son côté, la FEUQ croit que cet appui pourrait avoir un impact dans les assemblées générales. «Quand on sent qu’on est soutenu, ça donne un coup de pouce au débat. On a moins peur d’aller s’exprimer», a indiqué sa présidente, Martine Desjardins.

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