Yves Provencher/Métro Une conférence de presse pour le lancement de la commission était prévue devant le quartier général du SPVM jeudi, mais elle a été cancellée par «mesure de sécurité». Une forte présence policière était visible sur les lieux.

Visiblement mécontents du traitement réservé au rapport de la commission Ménard, sensée faire la lumière sur les événements du printemps étudiant de 2012, des citoyens ont mis sur pied leur propre commission pour examiner la répression politique au Québec depuis 1990.

Les audiences de la commission populaire sur la répression politique (CPRP) débuteront vendredi et samedi à Montréal, à l’Université Concordia. Des audiences à Québec, Sherbrooke, Ushuat et Gatineau sont aussi prévues.

Les commissaires CPRP, dont trois professeurs d’université et trois militants, espèrent publier un rapport au début 2015 et émettre des recommandations.

D’après Will Prosper, commissaire et ancien agent de la Gendarmerie royale (GRC), le problème de la répression politique connaît un essor au Québec depuis des années. «J’ai été policier, j’ai vu les deux côtés de la chose, dit-il. Au fil des ans, j’ai vu qu’on resserrait de plus en plus la vis autour des gens qui sont dissidents, des contestateurs, et je trouve ça inquiétant.»

Pour Sophie Sénécal, porte-parole de la commission, il faut aller au delà du printemps étudiant pour faire état de la situation. Les images de répression policière des manifestants ont beaucoup tourné dans les médias, mais le problème va plus loin, selon elle.

«La répression politique, c’est toute action qui vise à contraindre, à empêcher la liberté d’expression, explique-t-elle. Il y a beaucoup de moyens de le faire, et c’est ce qu’on veut voir avec la commission.»

Elle cite en exemple le recours à des lois spéciales pour limiter le droit de manifester ou restreindre les négociations avec le gouvernement comme des exemples courants.

M. Propser croît que la commission Ménard n’a pas entendu tous les témoins qu’elle aurait dû entendre, en partie parce qu’elle n’a pas convoqué certains acteurs, et en partie parce que des témoins potentiels auraient eu peur de témoigner, par crainte de représailles. C’est pourquoi la CPRP offre la possibilité de témoigner à huis clos et promet de protéger l’identité de ceux qui choisissent de le faire.

Témoins d’envergure

La CPRP a annoncé que la ligue des droits et libertés, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), le conseil central de la CSN, Greenpeace Québec, la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) témoigneront publiquement devant la commission.

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