PC Valentina Tenti a tenté de briser les stéréotypes et de démystifier la mafia.

«Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra refuser.» Cette phrase prononcée par Don Corleone, le chef de la plus importante famille mafieuse de New York dans Le parrain, est probablement une des plus connues du cinéma.

La popularité de ce film a été telle qu’elle a contribué à forger l’image romantique de la mafia. C’est aussi ce qui explique que, des trois grands groupes du crime organisé italien, Cosa Nostra soit le plus connu.

Comme l’a expliqué la spécialiste Valentina Tenti à la Commission Charbonneau hier, Cosa Nostra, la mafia sicilienne, est plus connue. D’abord parce qu’elle a été très puissante, mais aussi, et surtout, parce que de nombreux livres et films ont été faits sur les mafieux de ce groupe. Mme Tenti a donc partagé ses connaissances sur le crime organisé italien afin de briser les stéréotypes et de démystifier la mafia.

Elle affirme notamment que Cosa Nostra repose sur la réputation de ses membres, qui ne se disent pas des mafieux, mais des hommes d’honneur. Ils obéissent même à une version des 10 Commandements qui impose notamment le devoir de respecter sa femme et interdit de fréquenter des policiers ou même les pubs.

«Il faut être prudent, a toutefois déclaré Mme Tenti. Cette image d’homme d’honneur n’est pas justifiée.» Les mafieux n’hésitent pas à utiliser et à manipuler leurs valeurs pour légitimer leur pouvoir et leurs activités. «Ils restent avant tout des criminels», a-t-elle souligné.

Une des méthodes de travail de la mafia illustre bien ce paradoxe. Un de leurs objectifs est d’offrir une protection. Ils font ainsi la promotion de ce «service» alors que, dans les faits, ils créent aussi le besoin par l’intimidation et instaurent un racket de la protection en imposant une taxe, le pizzo.

Avec le temps, la mafia ne s’est plus contentée de récolter de l’argent des commerçants, mais a exigé un certain contrôle sur les entreprises ou a forcé l’approvisionnement auprès de sous-traitants mafieux. C’est ainsi que l’industrie de la construction italienne a été progressivement infiltrée par la mafia à partir des années 1950.

Objectifs et mécanismes de la mafia :

  • Service de protection. Offrent des services de protection, tout en créant eux-mêmes le besoin. Prélèvent la taxe à la protection, le pizzo, qui prend la forme d’argent, d’un service, d’une faveur.
  • Répression. Elle impose sa loi sur un territoire et réprime des comportements jugés non conformes.
  • Médiation. Règle les problèmes dans une communauté. Forge des liens entre les citoyens et le monde économique et politique.

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