La Loi 35 censée limiter la collusion dans le milieu de la construction sera renforcée d’ici la fin de l’année.

Le nouveau ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, en a fait la promesse au maire de Montréal, Gérald Tremblay, jeudi, en marge de la séance mensuelle du conseil d’agglomération.

Le durcissement de la loi sera un menu des travaux de l’Assemblée nationale, qui reprennent le 30 octobre. Compte tenu du processus législatif, les changements ne seraient toutefois pas effectifs avant le mois de décembre.

Pour le maire Tremblay, qui demande depuis plusieurs mois d’être dégagé de l’obligation de devoir automatiquement accorder un contrat au plus bas soumissionnaire, cela est trop éloigné. «Il faudrait que l’Assemblée nationale soit convoquée en séance extraordinaire le plus rapidement possible», selon le maire, qui s’est dit «choqué» par les images présentées mercredi devant la commission Charbonneau.

Sur ces images prises clandestinement entre 2004 et 2006 par la GRC, on voit plusieurs entrepreneurs en construction frayer avec les chefs de la mafia. Ces entrepreneurs raflent la majorité des contrats à Montréal et à Laval.

Le maire a pratiquement admis qu’une bonne partie des contrats d’infrastructures octroyés par la Ville étaient payés 30% plus chers qu’ils ne devraient l’être et que malgré la médiatisation, «il semblerait qu’il y ait encore un 15% [de surcharge à cause de la collusion]. «Si on avait reçu ces images plus tôt, on aurait demandé une enquête bien avant», a t-il ajouté.

Pour les deux partis d’opposition, le maire fait preuve de mollesse dans ce dossier. Le chef de Montréal donne l’exemple d’un projet de resserrement du modèle d’attribution des contrats que l’ancien chef de police Jacques Duschesneau aurait présenté au maire en septembre 2009. «Le maire ne lui a jamais répondu. Il avait ça en main il y a quatre ans et il n’a rien fait», déplore M. Bergeron.

De son côté l’opposition officielle dénonce le fait que l’administration Tremblay pousse les arrondissements à ne pas bloquer certains contrats douteux, sous peine de perdre le financement municipal. Mme Harel déplore que le maire ne veuille pas que le SPVM soit mis à contribution dans le cadre de la commission sur l’octroi des contrats.

 La Ville sur la sellette

-Plusieurs questions restent en suspens : À quel point par exemple, la mafia a t-elle gangrené certains élus et employés municipaux?

-Un haut fonctionnaire responsable des travaux publics, Robert Marcil a démissionné en 2009 après avoir frayé avec des entrepreneurs douteux.

-L’ancien bras droit du maire, Frank Zampino a été arrêté et accusé de fraude cet été, de même qu’un ancien collecteur de fonds du parti du maire Tremblay, Bernard Trepanier.

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