Ryan Remiorz Martin Dumont. Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Martin Dumont, cet ex-organisateur politique d’Union Montréal, sera de retour devant la Commission Charbonneau, jeudi, celle-ci ayant renoncé à se servir de sa déclaration assermentée réalisée devant les enquêteurs, après son premier témoignage.

«Le procureur de la commission ayant décidé de renoncer à mettre en preuve cette déclaration, les procédures entreprises devant la Cour supérieure n’ont plus leur raison d’être et monsieur Dumont y a mis fin», a résumé son avocate, Me Suzanne Gagné, qui a rencontré les médias couvrant la Commission Charbonneau, mercredi après la journée d’audiences.

Me Gagné refusait que la Commission Charbonneau puisse se servir de cette déclaration vidéo de M. Dumont, enregistrée le 11 décembre dernier. Il avait été interrogé de nouveau par les enquêteurs de la commission après que des doutes eurent été soulevés quant à son témoignage des 29, 30 et 31 octobre.

Dans cette vidéo, M. Dumont donne une autre version des faits par rapport à son premier témoignage, notamment quant au comptage d’une somme de 850 000 $ par une réceptionniste à la permanence du parti Union Montréal.

«Monsieur Dumont soutient que sa déclaration vidéo du 11 décembre 2012 a été obtenue de lui par des moyens et dans des circonstances qui portent atteinte à ses droits fondamentaux et qui en réduisent la fiabilité», a résumé son avocate.

Pour jauger la crédibilité du témoignage de Martin Dumont, la Commission devra donc se baser sur son premier témoignage en octobre, son second plus tôt cette semaine et son troisième jeudi.

La réceptionniste d’Union Montréal en 2005, Alexandra Pion, qu’il avait identifiée comme étant celle qui s’était plainte à lui d’avoir dû compter une somme de 850 000 $, a nié devant la commission avoir parlé de cette histoire à M. Dumont et a nié avoir parlé d’une somme de 850 000 $ à qui que ce soit. Elle a confirmé que l’ancien responsable du financement d’Union Montréal, Bernard Trépanier, lui avait demandé de compter de l’argent, ce qu’elle avait refusé de faire, ayant été embauchée comme réceptionniste.

Me Gagné a déploré le fait que cette déclaration vidéo de M. Dumont a été «malheureusement diffusée» lors de l’audience de lundi de la commission et a été «reprise dans tous les médias du Québec».

«Cela a causé un tort considérable à la réputation de monsieur Dumont, à sa vie personnelle, à sa vie professionnelle et à sa santé», a-t-elle déploré. Elle n’a pas voulu dire si elle entreprendrait une poursuite en dommages au nom de son client.

Interrogée à savoir si M. Dumont avait conclu une entente pour éviter d’être poursuivi au criminel, l’avocate a rappelé que «la commission ne peut pas, de toute façon, s’engager pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales».

Fait à noter, bien que M. Dumont témoigne de nouveau devant la commission, jeudi, son avocate ne pourra pas l’interroger comme les autres avocats, puisque M. Dumont n’a pas le statut de participant.

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