www.ceic.gouv.qc.ca Giusepppe Borsellino

MONTRÉAL – Giuseppe Borsellino, président de Construction Garnier, a admis devant la Commission Charbonneau, lundi, avoir fait une certaine «routine» dans le but de rencontrer l’ancien ministre libéral Jacques Dupuis, qui était député de Saint-Laurent.

«Est-ce que lui, vous lui avez fait sa routine pour qu’il devienne votre bonne connaissance?» lui a demandé le procureur de la commission, Me Simon Tremblay.

«Non… bien… de la routine… oui, j’ai fait mes approches. On s’est parlé; on s’est connu et that’s it», a résumé le témoin.

Lundi, la commission a tenté d’en savoir davantage sur les nombreux liens que M. Borsellino entretenait avec des élus, provinciaux ou municipaux, des gens de la Ville de Montréal, de même qu’avec des dirigeants de la FTQ-Construction.

Mais M. Borsellino a tenté d’atténuer le sens de ces liens politiques et syndicaux, affirmant qu’il voulait simplement se rapprocher du ministre Dupuis, par exemple, pour faire du réseautage.

Il a quand même décrit l’ancien ministre libéral de la Sécurité publique comme un ami, puis une «bonne connaissance» avec qui il «pouvait parler de financement charitable».

Justement, le dossier de sa fondation GarnierKids, vouée à aider les hôpitaux pour enfants de Montréal, a été soulevé par la commission pour la première fois. Pour son événement annuel, la fondation vend des tables à 10 000 $ chacune.

Me Tremblay lui a demandé s’il «y avait une raison particulière qui fait en sorte que plus d’une vingtaine de ministres ont donné plus de 50 000 $ dans les dernières années» à cette fondation (des ministres de l’ancien gouvernement libéral de Jean Charest).

Selon M. Borsellino, c’est d’abord pour la «bonne cause». Il a cependant admis que son réseautage, son «networking» dans le milieu politique, démontrait alors son utilité.

La présidente de la commission, France Charbonneau, et Me Tremblay lui ont toutefois souligné que ces dons des ministres libéraux provenaient en fait de leur budget discrétionnaire et que l’on pouvait donc en conclure que ce sont plutôt les contribuables québécois qui ont ainsi donné à la fondation GarnierKids. Mais M. Borsellino a assuré que par la suite, la fondation faisait «une donation ‘straight’ à des hôpitaux».

Des gens de la FTQ-Construction ont aussi donné à sa fondation. Dans une conversation téléphonique sous écoute électronique, l’ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, et M. Borsellino parlent de la possibilité de mettre le logo de la FTQ-Construction sur les billets de la fondation.

M. Borsellino a aussi admis s’être rendu au bureau de Frank Zampino, l’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, en 2006, en plus de l’avoir rencontré lors d’événements de financement.

Il a affirmé que son but était alors seulement de se faire mieux connaître de M. Zampino, de se présenter, de faire du réseautage, rien de plus. Et bien qu’il ait prétendu ne pas le connaître intimement, M. Borsellino a aussi dit sous serment qu’il s’est rendu dans son bureau pour lui parler de sa perte de poids.

Il y a deux semaines, M. Borsellino avait aussi décrit l’ancien ministre libéral de la Famille Tony Tomassi comme un très bon ami.

La commission a entendu d’autres séances d’écoute électronique entre MM. Dupuis et Borsellino, desquelles on peut conclure que M. Borsellino semblait croire que Jocelyn Dupuis pourrait lui faire obtenir des contrats au Saguenay_Lac Saint-Jean.

À un moment, M. Dupuis utilise même le pronom «on» pour parler de Construction Garnier, alors qu’il n’est aucunement partenaire d’affaires de M. Borsellino. «On va se placer en tabarnak, fie-toi sur moi», lance M. Dupuis à M. Borsellino, en évoquant un contrat pour lequel Garnier pourrait soumissionner.

Me Tremblay l’a également interrogé concernant une sévère raclée qu’il avait subie en 2009 et pour laquelle il a dû être hospitalisé pendant sept heures pour qu’on lui reconstruise le visage. M. Borsellino est toujours resté vague sur les motifs.

«N’est-il pas exact que la raison pour laquelle vous vous êtes fait tabasser, ça serait une combinaison de deux éléments: le fait qu’en invitant monsieur (Robert) Marcil (ancien directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal) en Italie _ qui a mené à sa démission le 25 juin 2009, soit quelques semaines avant de vous être fait agresser _ d’une part, et le fait, d’autre part, qu’au lieu de prendre le site de décontamination de Carboneutre, qui appartient à Reynald Desjardins et Dominique Arcuri, vous prenez celui de Tony Accurso? Vous brûlez monsieur Marcil, qui est votre porte d’entrée à la Ville de Montréal?» lui a demandé Me Tremblay.

«Je ne peux vous répondre, je ne le sais pas», lui a simplement répondu M. Borsellino.

On a également appris que M. Borsellino, qui avait soutenu n’avoir rencontré Robert Marcil qu’environ deux fois avant de l’inviter en Italie, était en fait allé à la pêche avec lui en juin 2008 à Plattsburgh, en compagnie d’autres personnes. Mais ce n’est pas lui qui a payé, a-t-il assuré.

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