www.ceic.gouv.qc.ca Gilles Cloutier

Après des maires et d’ex-ministres, c’est maintenant un juge de la Cour supérieure qui a été éclaboussé par l’ex-organisateur politique Gilles Cloutier, jeudi, à la Commission Charbonneau.

Lorsqu’il était avocat, Michel Déziel aurait demandé à M. Cloutier de trouver des prête-noms pour «changer» 30 000$ d’argent comptant en chèques de 750$ pour le parti Action civile de Blainville, en octobre 1997.

Michel Déziel, qui «s’occupait de la campagne du maire», a été nommé à la Cour supérieure le 5 novembre 2003 dans le district de Laval, a tenu à rappeler le témoin.

M. Cloutier a raconté que, pendant la rencontre où les deux hommes étaient seuls dans le bureau de M. Déziel, l’avocat lui avait clairement dit que cet argent provenait de la firme Dessau qui avait la plus grande part des contrats dans cette municipalité de la couronne nord de Montréal. «À Blainville, c’était l’homme de Dessau qui gérait la ville, pas le maire», a indiqué l’homme de 73 ans.

D’ailleurs, le Conseil canadien de la magistrature a annoncé jeudi qu’il prend au sérieux et se penchera sur ce cas. «Dans la présente affaire, il importe de noter que les allégations n’ont pas été prouvées et, de fait, que la commission d’enquête poursuit ses audiences», a indiqué le conseil dans un communiqué publié jeudi.

Des dons importants
Le témoin a aussi précisé que donner aux partis politiques provinciaux permettait aux firmes de génie d’avoir accès aux élus pour influencer les subventions. «Si on ne donnait pas à un parti et que personne ne réveillait notre dossier de subventions, il pouvait traîner très longtemps dans le ministère concerné», a-t-il illustré.

Il a affirmé que ces dons politiques permettaient de se rapprocher des ministères importants – Transports, Environnement et Affaires municipales – pour débloquer «plus rapidement» des subventions essentielles aux travaux municipaux.

Lors de son contre-interrogatoire, il a aussi précisé que, chez Roche, il se rapportait uniquement à Marc-Yvan Coté, ancien ministre libéral et vice-président du développement des affaires chez Roche Conseil de 1994 à 2005. Personne dans le bureau ne lui a par ailleurs demandé de changer ses façons de faire.

Il a aussi affirmé que la loi sur le financement était mauvaise et facile à contourner, mais qu’il ne recommencerait pas ses «magouilles». «Ma conscience me dit que je n’étais pas malhonnête, parce que c’était les moeurs du temps.»

La juge Charbonneau a aussi laissé entendre qu’elle est «ouverte» à l’idée de laisser l’avocat de Guy Chevrette contre-interroger le témoin, le 13 mai prochain, au retour des audiences.

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