www.ceic.gouv.qc.ca Vincent Auclair

L’ex-député libéral Vincent Auclair a raconté que l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt était très puissant à Laval et que le Parti libéral du Québec (PLQ) n’avait pas voulu le défendre lorsqu’il a tenté de dénoncer un acte de corruption.

Il est revenu jeudi, devant la commission Charbonneau, sur un moment charnière dans sa vie, lorsque M. Vaillancourt lui a remis une enveloppe d’argent comptant, lors de l’élection partielle de 2002, dans Vimont.

C’est à la troisième semaine de campagne que M. Auclair, «plus qu’impressionné de rencontrer» l’ex-maire, a reçu une enveloppe dans le bureau de M. Vaillancourt.

Il l’a acceptée à reculons, après quelques tentatives de refus.

«Je lui ai dit, ça sera votre contribution au Parti libéral, a-t-il raconté. Et j’ai quitté le bureau très rapidement.»

Il a voulu se débarrasser de l’enveloppe et l’a remise à son organisateur politique, George Boudreault, qui avait organisé la rencontre.

«Je lui ai dit, gère ça avec ton chum, a raconté M. Auclair. Je ne voulais pas être redevable à Gilles Vaillancourt alors j’ai donné l’enveloppe.»

Se faire couper les vivres
Huit ans plus tard, il a décidé de sortir publiquement avec l’histoire, et les conséquences qu’il craignait depuis 2002 se sont concrétisées.

«J’étais persona non grata à Laval et mon père a perdu tous ses contrats avec Laval, a expliqué Vincent Auclair. Les organismes ne m’invitaient plus dans leurs événements pour qu’il n’y ait pas de frictions. On me disait, « si tu viens, on va nous couper à la Ville ».»

La commission a d’ailleurs exhibé un document montrant que le père de Vincent Auclair avait vu son chiffre d’affaires à Laval fondre comme neige au soleil après sa sortie publique.

Aucun appui du PLQ
«Personne au parti n’a voulu me soutenir, alors j’ai joué avec les mots lors de ma déclaration aux médias en 2010», a indiqué le témoin, conscient qu’il a changé sa version depuis 2010, ce qui peut affecter sa crédibilité.

Il a ajouté que M. Boudreault a dit qu’il ne se souvenait pas du tout de l’événement et que personne «dans la machine» du PLQ n’avait voulu le soutenir. À quelques reprises, le parti a favorisé le maire aux dépens de M. Auclair dans certains événements.

«Ces évènements avec Gilles Vaillancourt ont confirmé que je ne voulais plus me représenter [en 2012]», a-t-il expliqué.

M. Boudreault a été arrêté en 2012 par l’UPAC.

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