Archives/TC Media Église Notre-Dame-du-Bel-Amour faisait partie de l'unité paroissiale Sainte-famille-de-Bordeaux-Cartierville. Elle est devenue une paroisse à part entière.

L’église Notre-Dame-du-Bel-Amour a obtenu une subvention de 107 000$ dans le cadre de l’aide financière destinée à restaurer le patrimoine de Montréal. Cet édifice classé récemment patrimonial devient aussi une nouvelle paroisse à Cartierville, retirant à la communauté religieuse catholique du secteur une source de revenus essentielle.

Notre-Dame-du-Bel-Amour, située sur la rue Jean-Bourdon à Cartierville, est devenue un édifice religieux à valeur incontournable selon un classement du bâtiment par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), intervenu en février.

Le père Jean-Louis Nvougbia, curé de la paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville dont dépendait le bâtiment, a reçu la nouvelle par la poste. «Il y a de l’eau qui coule du plafond, la toiture est due. Il y a aussi les fenêtres à changer ou à réparer, la peinture est à refaire, énumère-t-il. Ce n’est pas l’ouvrage qui manque.»

Pour lui, le classement était une excellente nouvelle, il permettait de demander le remboursement jusqu’à concurrence de 70% de la facture des travaux majeurs.

Mais en septembre, l’église se séparait et devenait paroisse à part entière. Or, cette nouvelle signifie de l’argent en moins pour la Sainte-Famille-de-Bordeaux-Cartierville. Car en plus de servir aux deux messes hebdomadaires, l’église était également louée à d’autres congrégations religieuses et constituait une source de revenus importante pour la communauté.

Moins de moyens
La paroisse Sainte-Famille de Bordeaux-Cartierville ne comprend maintenant plus que trois lieux de culte: Notre-Dame-des Anges, Sainte-Odile et Saint-Joseph de Bordeaux. Des églises qui nécessitent aussi des travaux d’entretien.

Pourtant, l’abbé Jean Louis n’a pas manqué d’apporter son soutien à la nouvelle communauté qui va se séparer, mais il s’inquiète en même temps des difficultés à venir. «Nos autres églises ne sont pas classées, nous devrons trouver du financements ailleurs», prévient-il.

En 2014, il avait clairement dit que si rien n’est fait, la paroisse Sainte-Famille de Bordreaux-Cartierville, disparaîtrait dans les deux ans et demi. Le déficit est estimé actuellement à 100 000$ et les difficultés financières sont telles qu’il faudrait un miracle pour faire face aux dépenses courantes pour maintenir ouvertes les églises.

Une des solutions préconisées était la vente de l’église Sainte-Odile. L’idée s’est heurtée à la farouche opposition de certains paroissiens, encore traumatisés par la perte, en 2003, de l’église Saint-Gaétan cédée à une communauté évangélique arménienne.

On avait évoqué la possibilité de vendre l’édifice à la Ville de Montréal qui en ferait un centre communautaire pour Bordeaux-Cartierville. Aujourd’hui, cette transaction n’est même plus envisagée. La municipalité a acquis un bâtiment d’une autre congrégation religieuse dans ce but et «le diocèse ne veut pas vendre de toute façon», souligne le père Jean Louis.

 

Nouveau genre de classement

Construite entre 1955 et 1957, Notre-Dame-du-bel-amour a rejoint un club très select de 40 édifices religieux, édifiés avant 1975. Avant, seuls les bâtiments datant d’avant 1945 pouvaient bénéficier d’un soutien de ce genre.

Ils se partageront au cours des trois prochaines années, une enveloppe de 10 M$ provenant d’un programme d’aide signé en décembre entre le CPRQ et ministère de la Culture.

Pour cet organisme, habitué à soutenir des restaurations de bâtisses anciennes réalisées le plus souvent en pierre, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour la protection du patrimoine religieux de la province.

 

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