Amine Esseghir/TC Media Réjean Pimparé et sa conjointe Nathalie Bracken sont les gardiens du trésor laissé par André Turpin au profit des enfants dans le besoin.

André Turpin, sculpteur et peintre québécois qui a vécu plus de 20 ans à Ahuntsic a laissé 800 toiles. Elles attendent des acheteurs. Ce capital énorme doit servir, selon sa volonté, à financer des actions pour des enfants dans le besoin.

Le seul ouvrage qui raconte la vie du peintre et sculpteur André Turpin vient d’être publié. Il sera lancé officiellement le 18 février, à la librairie Renaud-Bray, sur la rue Fleury. M.Turpin avait occupé la bâtisse patrimoniale située au 2124, boulevard Gouin Est connue sous le nom de la maison du peintre. Le peintre, c’était lui.

«Il est reconnu comme automatiste et se situe entre Riopelle et Borduas», confie Laurent Lachance, auteur et créateur d’émissions pour les jeunes, telle que Passe-Partout. Il est ami avec Turpin depuis la fin des années 1990.

«Un jour de 2008, il m’a désigné comme son biographe», raconte-t-il. Une décision qui est arrivée après moult hésitations de part et d’autre.

C’est toutefois une chance que M. Turpin ait accepté de se confier et révéler des facettes méconnues de sa vie. Le 4 novembre 2013, alors qu’il déménageait ses toiles, l’artiste tombe du camion duquel il déchargeait ses peintures. Il subit une sévère fracture du crâne qui hâta l’apparition d’un Alzheimer en latence. Aujourd’hui André Turpin, certes toujours de ce monde, a cessé de communiquer. Il n’y a plus que ses amis qui prennent soin de lui et de ses affaires.

Parmi eux, Réjean Pimparé et sa conjointe Nathalie Bracken. Ils tiennent à jour l’inventaire des toiles et travaillent à faire connaître son œuvre.

«Nous aurons une exposition-vente au siège de Télé-Québec le 24 mai au profit de l’organisme Mère avec pouvoir (MAP)», annonce Nathalie Bracken. Un événement similaire avait été organisé l’année passée. Il avait permis de récolter un peu d’argent pour cet organisme qui vient en aide aux mères monoparentales.

Le couple qui ne perçoit pas un seul cent de la vente des toiles, a loué un espace pour pouvoir entreposer les dizaines de tableaux. «En plus du stockage, on pourra peut-être une fois par mois ou tous les deux mois faire une exposition-vente», espère M. Pimparé. Car la responsabilité semble peser lourdement sur ses épaules et ceux de sa compagne.

André Turpin avec sa sculpture autoportrait. Photo: Collaboration spéciale

André Turpin avec sa sculpture autoportrait. Photo: Collaboration spéciale

Reconnaître Turpin
André Turpin a rarement vendu des peintures ou des sculptures. Il a gardé la majorité de ses œuvres pour servir aux enfants. «Nul besoin de connaître la vie d’un peintre pour en apprécier l’œuvre, mais pour se l’expliquer», écrit Laurent Lachance dans son ouvrage sur Turpin.

Effectivement, il est difficile de saisir l’ampleur et la profondeur des créations de Turpin, qui aura 80 ans en septembre, si on ne sait pas qu’il a été orphelin de Duplessis et qu’il a risqué d’être déclaré déficient mental comme d’autres qui ont eu un parcours similaire.

Il est passé de l’orphelinat à la maison de correction, avec une halte tumultueuse dans un foyer d’accueil «malsain». La violence, l’isolement et le décès de sa mère à sa naissance ont marqué son enfance.

Tout cela, et plus encore, est raconté avec beaucoup de pudeur et de respect par Laurent Lachance et permet de comprendre pourquoi un artiste qui a produit autant a vécu quasiment dans la pauvreté et a souhaité que le fruit de son travail ne serve qu’une seule cause: celle des enfants dans le besoin.

Le lancement officiel de la biographie d’André Tupin aura lieu le 18 février, à la librairie Renaud-Bray, 1691 Rue Fleury Est. L’auteur Laurent Lachance sera présent de 14h à 17h pour une séance de signature.

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