Amine Esseghir/TC Media Sœur Claire Houde, supérieure provinciale des Sœurs de la Providence soutient que la congrégation religieuse a encore un rôle à jouer que ce soit au Québec, au Canada ou à l'étranger.

Les Sœurs de la Providence célèbrent cette année le 175e anniversaire de la communauté. Cette congrégation religieuse s’est distinguée tout au long de son existence par la création de nombreuses œuvres de charité dont l’héritage est toujours vivant, notamment à Ahuntsic-Cartierville.

Difficile de ne pas les voir à Ahuntsic-Cartierville. Les imposants bâtiments de la maison mère sur la rue Salaberry, le centre d’hébergement sur la rue Grenet ou l’hôpital Sacré-Cœur sont leurs édifices les plus remarquables.

«Les Sœurs avaient acheté du père d’une novice des terrains de Cartierville à une époque où il n’y avait rien», indique sœur Claire Houde, supérieure provinciale de la congrégation religieuse.

La propriété était impressionnante. Elle s’étendait entre la rivière des Prairies et Val Royal, le quartier au sud de Cartierville. Les Sœurs bâtissent des immeubles pour abriter leurs œuvres.

Photo:TC Media/Amine Esseghir

Entre autres, un centre d’hébergement vendu à la Ville en 2016, qui accueillera le centre communautaire de Bordeaux-Cartierville. Un bâtiment de 8000 mètres carrés, excellemment bien entretenu, avec un immense terrain, cédé pour le quart de sa valeur foncière.

D’autres bâtiments convertis en CHSLD  ou en hôpitaux témoignent de l’étendue de l’œuvre des religieuses tout au long de leur existence. Mais au-delà des édifices, les Sœurs de la Providence ont inscrit leurs actions dans les cœurs et les mémoires des gens.

La friperie Cartier Émilie qui fournit des vêtements et des meubles aux démunis, la Corbeille, la banque alimentaire qui vient en aide aux nécessiteux, la Maison de la Famille qui soutient les parents mal pris sont aussi des œuvres créées par les Sœurs, confiées ensuite à des organismes laïcs.

Pourtant, rien d’étonnant de voir cette présence en force dans les œuvres de charité. Cela est lié directement à leur fondatrice Émilie-Gamelin.

«Nous faisions ce que les autres ne pouvaient pas ou ne voulaient pas faire», explique sœur Claire Houde.

Passer le relais
Alors que les services destinés aux pauvres et aux malades sont pris en charge par des organismes communautaires ou par l’état, la congrégation religieuse voit sa vocation changer progressivement.

«Les religieuses ont eu un rôle essentiel dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des œuvres caritatives», observe Guy Laperrière, ancien professeur à l’université de Sherbrooke et spécialiste de l’histoire religieuse québécoise et française.

Il note lui aussi le changement graduel dans les missions que se donnent les religieuses.

«Le mouvement de sécularisation observé au Québec depuis les années 1960 a obligé les congrégations religieuses à réorienter leurs actions pour demeurer vivantes.»

Les Sœurs de la Providence travaillent à prendre en charge les religieuses qui ont pris de l’âge. Elles mènent aussi des missions à l’étranger. Elles ont bâti une école à Haïti, forment des enseignantes et des gestionnaires, recherchent des fonds pour en achever la construction.

Elles ont ouvert également un centre d’hébergement en Égypte.

Chaque fois que nous voyons que nous ne sommes plus utiles quelque part, nous allons ailleurs, là où on a besoin de nous.

Sœur Claire Houde, supérieure provinciale des Sœurs de la Providence.

Chez les Sœurs de la Providence il y aujourd’hui moins de 300 religieuses, alors qu’elles ont été plus de 3000 il y a 40 ou 50 ans.

«Nous avons en ce moment sept novices d’origine haïtienne et africaine qui probablement retourneront chez elles après leur formation», souligne sœur Claire Houde. Mais elle ne craint pas de voir la congrégation s’éteindre.


Photo: TC Media/Amine Esseghir

L’héritage d’Émilie Gamelin

La congrégation des Sœurs de la Providence a été fondée par Émilie Tavernier-Gamelin. Née le 19 février 1800 à Montréal, Émilie Tavernier était la dernière de quinze enfants. Elle a perdu sa mère à l’âge de 4 ans et son père, à 14 ans. Neuf de ses frères et sœurs sont morts alors qu’elle était en bas âge.

Elle a été élevée par une tante paternelle et elle s’est mariée à 23 ans avec Jean-Baptiste Gamelin, un cultivateur de pommes, plus âgé qu’elle de 27 ans. Elle a eu avec lui trois enfants, deux sont morts âgés de trois mois.

Quatre ans après son mariage, Émilie a perdu son mari puis, une année plus tard, son troisième enfant.  Accablée par la douleur, elle a passé son temps en prière et s’est consacrée aux œuvres de charité.

Elle s’est mise au service des personnes âgées, des malades et des orphelins de l’épidémie de choléra de 1832 ainsi que des prisonniers. Elle est devenue religieuse en 1842.

Elle avait rejoint ensuite les Filles de la Charité Servantes des Pauvres, alors âgée de 44 ans et en est devenue la première supérieure. Elle y a poursuivi sa mission jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1851 sous le nom des Sœurs de la Providence.

En 1960, un Bureau de la Cause a été mis sur pied pour suivre le processus de canonisation d’Émilie Tavernier-Gamelin et en faire une sainte. Elle a été élevée par l’Église au rang de bienheureuse en 2001.

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