Sylvain Gagnon Les bureaux de la Fédération des établissements d'enseignement privé sur le boulevard Henri-Bourassa
La nouvelle ministre de l’Éducation, Marie Malavoy, a annoncé le 11 octobre que les écoles privées devraient renoncer à sélectionner leurs élèves par des examens d’admission pour pouvoir continuer de recevoir du financement public. Pour Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), sise dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, cette annonce étonne par son étendue.

« Nous ne sommes pas surpris de la position péquiste de revoir l’accès au privé des élèves en difficulté, ni celle consistant à réévaluer le financement des écoles privées – aujourd’hui chiffré à 60% pour les écoles enseignant le programme du ministère de l’Éducation –, nous sommes toutefois étonnés de voir que la ministre prévoit abolir complètement les subventions au réseau d’écoles privées », a indiqué M. St-Jacques, résidant d’Ahuntsic.

La proposition péquiste vise à équilibrer le nombre d’élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage entre les réseaux publics et privés, mais M. St-Jacques estime qu’abolir les examens d’admission revient à attaquer le problème de travers. « Les examens d’admission ont pour objectif d’identifier chez les élèves certaines forces et faiblesses et non, comme on l’entend à l’occasion, à créer une élite. D’ailleurs, les écoles publiques ont-elles aussi recours à des tests de sélection pour les programmes à vocation particulière comme l’école internationale ou le sport-étude », précise-t-il.

Pour l’instant, la FEEP n’a pas rencontré la ministre Malavoy, mais une demande formelle a été formulée. « Il s’agit de savoir ce que le ministère attend de la fédération. Pour l’instant il n’y a pas de quotas d’élèves en difficulté dans nos écoles. Ce que nous souhaitons, c’est que le ministère considère la problématique des difficultés d’apprentissage avec une approche réseau de répartition des élèves à besoins spécifiques et non pas par établissement », ajoute le président.

M. St-Jacques indique également qu’actuellement le ministère attribue une enveloppe de 1,8 milliard de $ aux élèves en difficulté d’apprentissage; « Combien faudra-t-il réserver de ce montant aux écoles privées », questionne-t-il?

Une hypothèse?

À la suite de l’annonce de la ministre Malavoy, Pauline Marois, en voyage en France, a révélé que le retrait des subventions aux écoles privées qui sélectionnent leurs élèves demeurait à ce jour « une hypothèse ». La position péquiste, rappelle la première ministre, consiste à ce que « les écoles privées accueillent davantage d’enfants en difficulté ».

Le quotidien La Presse révélait par ailleurs dans son édition du 16 octobre qu’un obstacle de taille se dressait devant le PQ quant à sa réforme du financement des écoles privées. Pour ce faire, il faudrait modifier la loi sur l’enseignement privé et l’opposition libérale et caquiste à Québec s’y oppose. Le débat est toutefois lancé sur les services qui devraient être offerts par les écoles privées.

L’école privée en chiffre: 125 000 élèves à travers le Québec voient leur éducation subventionnée à hauteur de 60%. C’est donc 4 000 $ par enfant que finance l’État annuellement pour un élève du réseau privé. Au réseau public, le coût par enfant est de 7 000 $ par année.

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