Au moment d’amorcer le projet de conservation et de mise en valeur du boisé Saint-Sulpice, l’espace vert était dans un état critique. La quantité de nerprun cathartique, arbrisseau très compétitif pour la végétation indigène, menaçait la faune et la flore du boisé. Le Comité écologique du grand Montréal, qui chapeaute le projet depuis 2009, en est à terminer sa troisième phase d’intervention sur les lieux, et les résultats sont encourageants.

« En 2009, lorsque nous avons lancé le projet d’intervention dans le boisé, nous nous sommes concentrés d’abord sur le cœur du territoire, le secteur de l’érablière argentée. Ensuite, avec des quadras d’environ un hectare et demi, on s’attarde à la périphérie. Cette année pour la phase trois, on s’est concentré sur la friche », commente Érik Bassil, président du CEGM.

Le bilan de l’équipe de M. Bassil en quatre ans est impressionnant: plus de 2100 arbres et 1900 arbustes ont été plantés après avoir déraciné un à un environ 200 000 plants de nerprun cathartique, plante exogène colonisant les milieux ouverts. « Lorsque nous avons amorcé notre travail sur le site, celui-ci était très perturbé par le nerprun. Cette plante qu’on a importée d’Eurasie inhibe la croissance des semis d’arbres indigènes en plus d’injecter dans le sol une toxine qui empêche l’essor d’espèces compétitrices. Ajoutons à cela le fait que le nerprun n’a aucun pathogène et aucun parasite, il faut donc s’en débarrasser à la main », assure M. Bassil.

Restaurer un milieu diversifié

Étant donné que les troupes du CEGM doivent raser le sol des plants de nerprun, la tâche de replantation est assez considérable. Mais pas question de planter n’importe quelle essence arboricole: « on cherche par notre intervention à maximiser la conservation et à instaurer dans le milieu une compétition naturelle. C’est pourquoi on s’attarde à ne pas trop créer de stress sur le site avec nos interventions ni à faire entrer trop de lumière », indique le président.

Le CEGM cherche aussi à restaurer l’habitat de petits rongeurs, oiseaux et autres insectes pollinisateurs. « En favorisant la plantation de plantes et arbres à fruits ont créé un garde-manger arbustif pour la petite faune. Nous avons planifié le travail sur le site de la friche de la même manière: le transformer en lieu d’alimentation et de reproduction pour les monarques par exemple », indique encore M. Bassil.

« On remarque que notre intervention a jusqu’ici porté fruit. Les arbres plantés dans la phase I arrivent à maturité, des oiseaux de proie viennent nicher dans le boisé et le site de la friche a été certifié par Monarch Watch, conclut M. Bassil, c’est important de conserver ce boisé qui est le seul résidu du terrain des Sulpiciens et dernière enclave de nature dans l’urbanité d’Ahuntsic.

L’odyssée du monarque

Le 20 septembre, lors d’une journée de corvée de l’équipe du CEGM, aidée pour l’occasion par des employés de la Banque TD et de TD Assurances, partenaires de l’organisme, l’Insectarium de Montréal a procédé à une rare activité: une envolée de monarques. Les participants ont pu observer l’animatrice de l’Insectarium marqué les papillons en plus de contribuer à leur envol, eux qui amorcent leur migration vers le Mexique.

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