Sylvain Gagnon Le guitariste Sunny Duval sera en spectacle au parc Ahuntsic le 2 août à 20h 30.
François Duval, dit Sunny, présentera aux Ahuntsicois le 2 août prochain les pièces de son dernier gravé en plus de quelques nouvelles compositions. Le guitariste qui est également auteur-compositeur-interprète, réalisateur-multi-instrumentiste et chroniqueur, promet d’ailleurs un programme dansant. Surnommé « le petit tavernier », le Courrier l’a rencontré dans une brasserie pour parler de son concert à venir au parc Ahuntsic, d’histoires de bars et de la vie de musicien indépendant.

Sunny Duval est connu de la scène montréalaise pour avoir sévi à la guitare avec Les Breastfeeders pendant plus de 10 ans, mais également à bord de la formation Le Nombre. Blogueur, DJ et mélomane devant l’éternel, Sunny a une sensibilité marquée pour le rockabilly, le rock n’ roll garage, ainsi que le rythm n’ blues des années 1940 et 1950 et le doo wop, styles qu’il mélange de manière unique dans ses projets solos.

« Je ne suis pas un grand amateur de mon passé alors je joue des chansons de mes deux derniers albums, que j’adapte autant que possible. Aussi, je suis tellement habitué des concerts dans les bars que j’ai enlevé de mon répertoire les balades, parce que normalement durant les chansons lentes, les gens parlent! J’aime mieux faire des chansons dansantes », affirme Sunny qui complète en disant avoir traduit la pièce Hey Good Lookin’ de Hank Williams dans cette optique.

Présenté en format quintette, Sunny Duval alignera derrière lui un contrebassiste, un batteur ainsi que deux choristes. Pour le musicien, s’entourer d’amis est d’ailleurs une condition de base au métier de musicien: « tant qu’à faire de la musique, vaut mieux le faire avec des gens avec qui t’as envie de passer 14 heures en camion jusqu’en Abitibi», note-t-il. Mais malgré cette nécessaire collégialité, Sunny ne cache pas sa préférence pour la création alors « qu’il n’y a qu’un seul capitaine à bord du bateau. Je peux décider de la direction musicale, de la pochette de l’album et de l’horaire des spectacles. C’est juste plus sain au final, parce que ça me simplifie complètement la vie », complète-t-il.

La taverne comme microcosme

Le petit tavernier, tel est le nom qu’emprunte Sunny Duval pour rédiger ses chroniques sur le magazine en ligne Bang Bang. Se faisant sociologue de ces lieux sans lieu, le guitariste y raconte avec un style bien à lui des épisodes d’évasion figés dans le décor meublé d’artéfacts des tavernes montréalaises. Pour le guitariste, ces bars d’une autre époque sont la trame d’un théâtre unique: « j’aime les tavernes, y’a du bois verni, donc c’est beau », concluait-il dans son recueil de chroniques En-d’sous. Il ajoute: « j’aime la tranquillité des tavernes, leur exotisme, mais ce sont les personnages qui la peuplent qui en font la légende et c’est ce que je me plais à raconter.

Les traces du temps sur les objets, leur usure et leur histoire fascinent Sunny Duval au même titre que les tavernes où plusieurs époques se côtoient: « une horloge diet Pepsi des années 1990 avec à côté un vieux tableau de pointage de billard, des néons et de la musique dance actuelle, c’est ça qui donne l’ambiance aux tavernes ». C’est aussi ce qu’il aime d’une guitare: « une guitare avec des poques, c’est une guitare qui a de la vie, qui a subi les assauts de notes. Je serais curieux de savoir où sont passées mes guitares avant que je les possède », songe-t-il à haute voix.

Le guitariste en est à préparer son prochain album solo, qu’il prévoit être grandement influencé de musique soul: « Depuis 2008, année où j’ai commencé à travailler comme DJ, je suis très influencé par ce style de musique que j’avais jusqu’alors un peu négligé. C’est sûr que ça transparaîtra sur le nouveau disque », affirme-t-il. Entre temps, il faudra aller danser au parc Ahuntsic sur les pièces rock n’ roll, un brin comiques, de ce guitariste de talent.

Sunny Duval a lancé en mai 2010 Sein noir, sein blanc sur l’étiquette Big Fat Truck qui comprend des collaborations de Damien Robitaille, Felicity Hamer (United Steel Workers), Tony Truant des Wampas, et plusieurs autres amis.

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