Collaboration spéciale Le premier drone utilisé illégalement pour introduire des objets en prison a été observé à Bordeaux en 2013.

Depuis le début de l’année, une douzaine de drones ont été observés ou saisis aux abords de la prison de Bordeaux. Une hausse significative par rapport à la dizaine d’aéronefs signalés tout au long de 2015.

Ces appareils transportaient de petits colis. Le plus souvent du tabac, de la drogue, du papier à cigarette ou des gadgets électroniques. Un seul appareil intercepté livrait une arme artisanale.

Les chiffres avancés par le ministère de la Sécurité publique indiquent que cinq engins uniquement ont été saisis. «Il faut savoir que nos agents doivent s’assurer qu’ils sont en sécurité avant de pouvoir intervenir quand surgit un drone dans le ciel de la prison», explique Mathieu Lavoie, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ).

Ce temps de réponse serait mis à profit par les pilotes pour exfiltrer leurs appareils et s’enfuir. «Avant, on parlait de flèches qui étaient envoyées dans les prisons, dans ce cas les tireurs devaient se trouver à proximité. Avec ces appareils, l’opérateur peut se trouver très loin», précise-t-il.

Des prisonniers nantis
Le nombre important de drones observés au-dessus de Bordeaux s’expliquerait par la grandeur de l’établissement. «C’est la plus grande prison de la province et souvent des gens liés au crime organisé y sont incarcérés, observe-t-il. Parce qu’il faut être en moyen pour se payer un drone.»

Un DJI Phantom 4 peut transporter une charge de 900 grammes et coute un peu plus de 1000$. Un appareil plus lourd peut charger une cargaison de plus de 2,5 kg et son prix dépasse les 2000$. Il faut aussi trouver la personne capable de le piloter. Par ailleurs, pour le représentant syndical, ces chiffres seraient loin de refléter la réalité

Des parades qui tardent
«Il faut voir que ce n’est que la pointe de l’iceberg qu’on nous présente. On suppose qu’il y en a beaucoup plus qu’on n’a pas vu», relève M. Lavoie. Le personnel carcéral pour sa part a déjà exprimé sa crainte et pour le président il serait temps de mettre en place des moyens pour protéger les agents et les prisonniers.

«Nous avons déjà parlé de brouilleurs d’ondes aux abords des pénitenciers, mais cela demande des investissements qui ne sont pas disponibles», dit-il.

Il appréhende des incidents plus graves si les drones transportent des armes ou des matières explosives. «Depuis les 15 dernières années, on voit toujours le ministère réagir au lieu de prévenir. C’est la même chose dans ce cas», regrette-t-il. En attendant, on lui refuse même l’augmentation du nombre de fouilles dans les prisons faute de budgets suffisants.

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