Ìsabelle Bergeron / TC Media Alexandre Paradis offre également de la nourriture aux itinérants qui s'arrêtent à la halte-chaleur.

La deuxième halte-chaleur du quartier a ouvert ses portes, dans la nuit du 8 au 9 janvier. En cette période de grands froids, elle permettra à davantage d’itinérants de se réfugier pour la nuit.

Née d’une mobilisation citoyenne, cette nouvelle halte-chaleur, qui s’est installée dans l’église du Roi des Rois, a accueilli ses quatre premiers clients, lors de sa toute première nuit d’opération, le 8 janvier.

«Je suis content de constater que même si on n’arrive pas à faire reconnaître notre travail par la Ville, les citoyens reconnaissent qu’il y a un besoin dans le quartier et prennent l’initiative d’aider ceux qui en ont besoin», affirme d’emblée Alexandre Paradis, président de SOS Itinérance et responsable de la première halte-chaleur, située au sous-sol de l’église Très-Saint-Rédempteur.

Selon M. Paradis, cette nouvelle halte ne viendra en rien nuire à la sienne. «Nous serons plutôt complémentaires, mentionne-t-il. Le but n’est pas d’être en compétition, mais d’aider ensemble les gens en situation d’itinérance dans le quartier.»

Située sur la rue Ontario, entre les rues Chambly et Nicolet, la halte de l’église du Roi des Rois accueillera davantage les gens issus du nord du quartier, tandis que celle de M. Paradis, sur la rue Adam, se concentre sur la population plus au sud.

Toutefois, si celle de Très-Saint-Rédempteur ouvre dès que le mercure atteint -15°C ressentis, celle du Roi des Rois n’ouvrira ses portes que lorsque le thermomètre affichera -20°C.

Selon les dires de M. Paradis, la seconde halte-chaleur du quartier serait gérée par l’aumônier de l’église du Roi des Rois, mais il n’a pas été possible de confirmer cette affirmation auprès de l’établissement.

Grands froids
Pour Alexandre Paradis, l’ouverture d’une nouvelle halte-chaleur arrive juste à point. «On a eu des nuits très froides dernièrement, explique-t-il. C’est certain qu’à deux haltes, on sera en mesure de desservir plus efficacement le territoire.»

D’ailleurs, le président de SOS Itinérance déplore que le refuge pour hommes du CAP Saint-Barnabé soit fermé les fins de semaine. «Des itinérants, il y en a tout le temps. Même la fin de semaine. Et parfois, la fin de semaine, il fait froid. Il faudrait peut-être que le CAP revoie sa stratégie en ce sens, quitte à offrir un horaire spécial le week-end, quand les besoins sont grands», conclut-il.

Recherche de financement
À court de ressources, la halte-chaleur de Très-Saint-Rédempteur avait récemment confié à TC Media être activement à la recherche de financement, pour pouvoir continuer d’offrir un service adéquat.

Selon ce qu’il avait été possible d’apprendre, la Ville de Montréal refuserait d’accorder une subvention, étant donné que la halte est opérée uniquement par des personnes bénévoles et que le projet n’est relié ni au réseau de la santé, ni au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Pour ces raisons, la Ville estime que rien n’assure que l’endroit respecte les normes de sécurité et de santé publique.

«Je trouve cela dommage qu’on en doute, parce que c’est un projet que j’ai mis sur pied avec une bonne volonté, avait souligné M. Paradis. C’est une initiative citoyenne. C’est sur une base bénévole. Sans prétention, je crois qu’on est utiles à la vie de quartier.»

Dans les prochains jours, SOS Itinérance rencontrera divers élus locaux, afin de voir quelles sont ses options.

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