Isabelle Bergeron / TC Media Alexandre Paradis, président de SOS Itinérance.

La halte-chaleur d’Hochelaga-Maisonneuve ne pourra pas survivre si la Ville ne lui accorde pas le soutien financier nécessaire pour subvenir aux besoins de la dizaine d’itinérants qui s’y pointent chaque soir pour dormir et manger.

«On ne demande pas grand-chose, exprime Alexandre Paradis, président de SOS Itinérance et responsable de la halte. Avec un montant de 5000$, on serait capable de payer le loyer, l’électricité et un peu de nourriture.»

Mais malgré de nombreuses demandes, M. Paradis n’a toujours pas réussi à soutirer quelques dollars ni à la Ville, ni à l’arrondissement.

«C’est maintenant qu’on aurait besoin d’argent, c’est maintenant qu’il fait froid, c’est maintenant que les besoins sont grands», exprime l’homme, visiblement découragé.

À pleine capacité, la halte-chaleur pourrait accueillir 40 personnes par nuit dans le sous-sol de l’église Très-Saint-Rédempteur.

Pas reconnu
Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, le problème avec la halte-chaleur serait qu’elle est opérée uniquement par des personnes bénévoles et que le projet n’est relié ni au réseau de la santé, ni au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). La Ville estime donc que rien n’assure que l’endroit respecte les normes de sécurité et de santé publique.

«Je trouve cela dommage qu’on en doute, parce que c’est un projet que j’ai mis sur pied avec une bonne volonté, explique M. Paradis. C’est une initiative citoyenne. C’est sur une base bénévole. Sans prétention, je crois qu’on est utiles à la vie de quartier.»

L’homme assure que le SPVM est contacté lorsque des personnes vulnérables, affectées durement par la drogue, se présentent à la halte.

«On s’assure que tous les usagers et les bénévoles soient en sécurité, c’est clair», continue le président de SOS Itinérance.

Convaincu que la halte-chaleur du quartier mérite sa place, M. Paradis remplira de nouveau, avec l’aide de la députée fédérale Marjolaine Boutin-Sweet, une demande en bonne et due forme, pour qu’un financement soit accordé.

«Je veux qu’on reconnaisse notre travail, point», lance le bénévole.

Aide pour les femmes
Même si un nouveau refuge pour hommes itinérants vient d’ouvrir ses portes au CAP Saint-Barnabé, M. Paradis estime que sa halte-chaleur vient ajouter aux services offerts à cet endroit.

«C’est un beau projet, mais ils n’accueillent que les hommes, mentionne l’homme. Une grande partie des personnes en situation d’itinérance dans le quartier sont des femmes. Sans la halte, ils n’ont pas d’endroit où se réfugier.»

Lors de l’inauguration du refuge du CAP, Paul Atangana, directeur de l’endroit, avait d’ailleurs souligné l’importance d’une ressource comme la halte-chaleur dans le quartier.

«Pour l’instant, on a que 16 lits chez nous, avait-il évoqué. C’est évident que ça ne suffira pas toujours à la demande les soirs de grand froid. C’est bien qu’on puisse compter sur les bénévoles de la halte-chaleur pour ne pas laisser personne dans la rue. Aussi, comme nous n’accueillons pas de femmes la nuit, la halte est une bonne alternative pour elles.»

Au cours des prochains jours, Alexandre Paradis rencontrera Marjolaine Boutin-Sweet, députée de Hochelaga et Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, afin de voir quelles sont ses options.

«J’ose espérer qu’on trouvera une solution avant la fin de l’hiver», conclut-il.

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