Isabelle Bergeron Normand Piché de retour au Québec.

Après avoir relié les cinq continents à la nage en 75 jours, le nageur Normand Piché dit accorder peu d’importance à son record mondial et a déjà des idées pour une prochaine expédition.

Plus de 50 personnes étaient réunies jeudi après-midi à l’aéroport Trudeau pour accueillir le nageur, après un périple qui aura duré 86 jours.

Normand Piché a été accueilli par sa fille de 16 ans, Kina-Moon, qui lui a bondi dans les bras pour une accolade de plusieurs secondes.

«Je reviens avec beaucoup de fierté, mais avec une nostalgie de laisser derrière moi ce projet qui a nécessité tant de travail depuis deux ans. Je n’avais pas le goût que ça s’arrête et j’ai des idées pour une prochaine expédition que je vais laisser mûrir», a lancé d’emblée l’aventurier aux journalistes présents.

Piché qualifie son odyssée de réussite avec son lot d’embûches. «Beaucoup de complexité pour les autorisations pour chacune des traversées. On a travaillé sans relâche pour atteindre l’objectif», de réaliser les cinq traversées en moins de 100 jours.

Pour le nageur de 45 ans, le record n’est pas si important. «Je voulais relier des continents et des pays pour évoquer un message d’union entre les différentes cultures et les divers peuples et c’est un pari gagné», dit-il.

Le nageur a terminé son voyage avec une dernière traversée très ardue, entre l’Égypte et la Jordanie. «La mer Rouge était déchaînée avec de très forts vents et des vagues immenses. Une traversée de 19 kilomètres, mais en huit heures. Il y a des moments où j’avais l’impression que je n’avançais pas», souligne celui qui s’est souvent entraîné à LaSalle.

Les hauts et les bas
Quand on lui demande de parler des plus beaux moments de son aventure, Normand Piché répond que «la plus belle chose, c’est la rencontre des humains. On a connu des gens fabuleux, des dizaines de personnes que je garde dans mon cœur», dit-il.

Il souligne aussi la traversée du Détroit de Gibraltar. «Je n’avais pas les autorisations, on a failli l’annuler et finalement, un nageur indien ayant ses autorisations est arrivé. On s’est rencontrés par hasard et j’ai fait la traversée avec lui car c’était l’ultime possibilité. C’était l’union entre deux nageurs qui partagent un rêve commun», explique l’athlète.

Le montréalais a craint pour sa vie et celle de son équipe au début de l’expédition, quand ils ont quitté l’Alaska pour se rendre à Wells, sur l’île de Diomède, au centre du Détroit de Béring.

«Nous sommes partis en chaloupes, mais la mer a changé. On a été submergés par les vagues et c’était vraiment épeurant. Après la traversée du Détroit de Béring, on a dû prendre un hélicoptère pour quitter».

Normand Piché a quitté vers l’Alaska le 24 août afin de débuter son aventure. Son périple l’a conduit dans des pays tels que la Russie, l’Indonésie, la Turquie, la Grèce, l’Égypte, l’Espagne, le Maroc et la Jordanie. Il a traversé le Détroit de Béring, le Pacifique, la mer Égée, le Détroit de Gibraltar et la mer Rouge.

Pour compléter son aventure entièrement, il prévoit un séjour en Suisse, au printemps 2017, afin de traverser le lac Léman et remettre, symboliquement, des milliers de messages de paix reçus aux quatre coins du monde, à l’Office des Nations Unies.

Tout au long de l’hiver, Normand Piché prévoit prononcer 80 conférences dans des écoles et en entreprise afin d’inciter les gens oser réaliser leurs rêves.

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