Hugo Lorini - TC Media Julie Lavigne, directrice de l'école Cavelier-De LaSalle

L’école secondaire Cavelier-De LaSalle se démarque des autres avec près de 70% de ses 1681 élèves qui proviennent d’une centaine de pays et qui parlent 75 langues d’origines.

Dès qu’on franchit les portes de l’école de la rue Centrale, le portrait est frappant. Des jeunes de toutes nationalités fraternisent et la langue commune est le français qu’on entend partout dans les couloirs. Le taux de réussite à l’examen du Ministère en français écrit de 5e secondaire est de 89%.

Pas moins de 709 de ces élèves sont natifs d’ailleurs, surtout de pays tels que l’Algérie, le Mexique, le Cameroun et la République du Congo, alors que 1037 ont une langue maternelle autre que le français.

«Cavelier-De LaSalle est un exemple de ce que vit toute la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) puisque sur l’ensemble de nos 53 000 élèves, des jeunes proviennent de 175 pays. Le français est leur langue seconde et des outils sont mis de l’avant pour aider le personnel à ce chapitre», explique Jean-Michel Nahas, responsable des communications de la CSMB.

À l’école en français
Si le nombre d’étudiants qui fréquentent cette école, qui célèbre son 50e anniversaire, est plutôt stable, la diversité des ethnies ne cesse de grimper en flèche.

«Comme adultes, nous sommes moins habitués à voir des gens de toutes les nationalités, mais pour eux, c’est leur réalité. Ils ne voient même pas la couleur des uns et des autres», explique Julie Lavigne, directrice de l’école depuis 2009.

«On a 62% des élèves qui ne parlent pas français à la maison mais qui viennent à l’école en français. Notre mosaïque culturelle s’inscrit dans un chantier du «vivre ensemble en français» amorcé depuis deux ans à la CSMB», ajoute Julie Lavigne.

Cavelier-De LaSalle compte un personnel de 150 employés, dont 110 enseignants. Trouvent-ils ce multiculturalisme difficile? «J’e n’ai aucune plainte et plusieurs viennent ici parce qu’ils aiment cette dimension», répond la directrice de l’établissement.

Sans violence ni «accomodements»
Les épisodes de violence sont quasi inexistants. «Nous avons notre Charte du respect construite par, et avec les élèves. Et on a le Festival du NOUS (Nos origines, une société) qui met en valeur l’ensemble des cultures en même temps pour faire ressortir cette mosaïque culturelle qui nous rassemble, et qu’on jumelle avec la fête du français pour célébrer cette identité québécoise», répond Julie Lavigne.

L’école n’a aucun «accomodement» raisonnable. «On a tellement de communautés différentes qu’il n’y a pas un groupe prédominant. On n’a pas le choix de trouver une façon de bien vivre ensemble», explique Julie Lavigne.

Les élèves québécois d’origine ont-ils leur place? Mme Lavigne rétorque ainsi: «je vous dirais que dès que vous êtes nés au Québec, même si la langue à la maison n’est pas la même, vous êtes Québécois. Nous avons beaucoup d’élèves de deuxième génération qui sont nés ici».

Les hauts et les bas
Le multiculturalisme amène ses avantages et ses inconvénients. «C’est une grande richesse de voir toute la vie culturelle qu’on on arrive à faire vivre avec la danse, le slam, les comédies musicales, la musique», précise la directrice Lavigne.

Elle reconnaît que la communication est parfois difficile avec les parents, étant donné les barrières de langues ou de religions. «Parfois, il faut un interprète et c’est difficile de les rejoindre car notre politique est de communiquer en français».

Quelques chiffres pertinents
709 jeunes nés ailleurs, dont: 88 d’Algérie, 39 du Mexique, 37 du Cameroun, 32 du Congo, 29 de l’Inde, 27 des États-Unis.

1037 ont une autre langue maternelle: 213 (anglais), 149 (espagnol), 111 (arabe), 72 (Pendjabi), 66 (russe).

897 élèves parlent une autre langue à la maison: 248 (anglais), 124 (espagnol), 73 (arabe), 70 (Pendjabi,) 59 (russe)

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