Romain Schué / TC Media La paroisse Sainte-Gertrude, son curé et ses marguillers, font appel aux citoyens pour réduire son déficit.

Confrontée à un déficit de plus de 16 000 $, la plus vieille paroisse de Montréal-Nord fait appel aux citoyens pour la réalisation de travaux urgents qu’elle est incapable de payer.

La réparation de la toiture de l’avant de l’église entraînant des infiltrations d’eau ? Reportée. Le remplacement des fenêtres remontant à la construction d’origine, «avec le bois pourri qui entoure le vitrage» ? Reporté. Le ciment à poser pour retaper des marches largement abimées devant l’entrée de l’édifice ? Reporté.

Depuis plusieurs années, la paroisse Sainte-Gertrude vit chaque rendez-vous comptable avec anxiété et se voit dans l’obligation d’annuler différentes réparations pourtant nécessaires. Pour pallier à ces besoins pressants, l’église cherche et lance de multiples initiatives.

Doris Smaha, marguillère de l'église, montre les problèmes d'infiltration d'eau dans la toiture.

L’église souffre de problèmes d’infiltration d’eau.

«Notre survie passe par là»
Après avoir mis en place une friperie dans ses locaux qui a généré près de 18 000 $ de revenus l’an passé, organisé deux bazars en mai et en septembre derniers, puis préparé un concert de Noël, elle souhaite à présent demander de l’aide aux résidents de l’arrondissement pour réaliser les multiples réparations envisagées.

«On met les bouchées doubles pour réduire notre déficit, c’est notre préoccupation, explique Denis Lalumière, marguiller de Sainte-Gertrude. Si des jeunes, des bénévoles, des personnes qui ont du temps libre, peuvent nous fournir de la main d’œuvre gratuites pour nos travaux, de l’entretien ou de la peinture, ce serait de nouvelles économies bienvenues. Notre survie passe par là.»

Une quête aléatoire
Même si le manque à gagner de la paroisse est finalement moins important que prévu (un déficit de 35 000 $ avait été estimé) grâce principalement à d’efficaces appels aux dons et à l’annulation de ces travaux, le curé Ronald Legerme se montre inquiet.

«Compter sur l’aide financière des gens, c’est risqué, estime-t-il. La bonne volonté existe, certains sont très motivés et aiment leur église, mais les moyens ne sont pas toujours là. S’appuyer sur la quête serait très aléatoire.»

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Le nombre de mariage célébré en 2015 à l’église Sainte-Gertrude, ce qui n’est pas suffisant pour renflouer les caisses. Pour l’instant, aucun mariage n’est programmé pour 2016.

Une location du presbytère envisagée
Une autre solution est également imaginée par le curé, en poste depuis deux ans au sein de cette église historique de Montréal-Nord.

«Nous pourrions louer le presbytère et le partager avec un organisme communautaire ou une institution religieuse, pense Ronald Legerme. Cette décision reviendra à l’archevêché, qui doit encore évaluer le prix de la bâtisse, mais elle pourrait nous sauver.»

Malgré ces difficultés, «aucune vente ou fermeture de l’église n’est envisagée par le diocèse», selon le curé qui «rêve d’un déficit zéro» cette année.

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