Photo: Archives TC Media 185 hectares de territoire à Pierrefonds-Ouest sont visés par un projet de développement de 5500 logements.

Un nouveau rapport publié le 15 décembre par la Fondation David Suzuki démontre que certaines espèces animales à statut précaire, présentes sur le territoire du futur développement Cap Nature, à Pierrefonds-Ouest, sont en nombre plus importantes que prévu. Devant ces conclusions, des experts recommandent l’arrêt pur et simple du projet immobilier.

La nouvelle étude avance notamment qu’un plus grand nombre de spécimens d’un animal «emblématique» de la zone visée par le développement résidentiel, le goglu des prés (Dolichonyx orzivorus) a été observé. En 2010, le goglu a été inscrit comme espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Selon les chercheurs, 30 spécimens ont été observés, dont 18 couples nicheurs dans de multiples secteurs de la zone de développement dans le cadre de la nouvelle période d’observation, au printemps 2016. Un premier rapport publié en février 2016 faisait état de seulement trois spécimens de goglus.

De plus, 30 hirondelles rustiques (grange), une espèce menacée, ont été observées lors de la sortie du printemps 2016, qui a mené au rapport final publié le 15 décembre alors que seulement cinq avaient été répertoriées dans le premier rapport.

Ces constats viennent s’ajouter aux conclusions de deux études commandées par la Fondation David Suzuki qui avaient établi, en février, que 18 espèces à statut précaire étaient présentes sur le territoire visé par le projet Cap Nature à Pierrefonds-Ouest.

Préservation essentielle
Le nouveau rapport met aussi en relief les bénéfices environnementaux fournis par le boisé et les terres en friche du secteur de l’Anse à l’Orme. La préservation de ces terres, selon les auteurs du rapport, demeure essentielle à l’accomplissement de l’objectif de la Ville de Montréal de protéger 10% des superficies terrestres sur l’île.

«L’Anse-à-l’Orme est manifestement un élément central de la Ceinture verte du Grand Montréal. En détruisant 185 hectares de milieux naturels, l’établissement d’une infrastructure naturelle majeure sur l’île deviendra impossible», affirme Sylvain Perron, coordonnateur du Mouvement Ceinture verte et analyste de politiques publiques à la Fondation David Suzuki.

Annoncé en 2015, le projet Cap Nature prévoit la création de 5 500 logements.

«Le territoire en jeu est presque aussi grand que le parc du Mont-Royal. Sa protection apporterait de grands bénéfices au niveau de la biodiversité, aiderait l’agglomération dans l’atteinte de ses 10% d’aires protégées et offrirait à la population un parc de grande envergure», tranche Coralie Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal.

Une consultation devant l’Office de consultation publique de Montréal devrait avoir lieu sous peu par rapport au projet Cap Nature.

Le premier rapport avait été élaboré par les chercheurs Marie-Eve Roy et Jérôme Dupras de l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais, et Patrick Gravel de la Coopérative de solidarité des forêts et des gens en février.

Pour l’élaboration de leur nouveau rapport, les chercheurs sont retournés sur le terrain dans les mois suivants.

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