La pièce de Denis Bouchard, Le dernier sacrement, aborde la vision de la religion de trois générations, avec des questionnements sur la spiritualité et l’existence de Dieu.

Le comédien et auteur Denis Bouchard vient de trouver un angle inusité pour parler d’un sujet qui n’est vraiment pas comique: la mort dans un centre de soins palliatifs. Il a même poussé l’audace jusqu’à recréer trois chambres où les spectateurs peuvent interagir avec les «patients» avant d’entrer dans la salle du Théâtre Outremont. Étonnamment, on rit plus souvent que l’on pleure avec Le dernier sacrement.

Il aura fallu à Denis Bouchard trois ans de recherche, d’écriture, de correction, de consultation avec des professionnels du milieu, des bénévoles et même de résidents avant d’être prêt à présenter sa pièce.

«Il y a quelques années, j’avais lu une phrase qui disait que les gens qui avaient la foi mourraient plus en paix que ceux qui n’étaient pas croyants. En la lisant, je m’étais dit que c’était mal parti pour moi», soutient le metteur en scène en riant.

Fasciné par les religions même s’il est agnostique (sceptique), il a fouillé le sujet. Il devenait évident pour lui de devoir se rendre dans des centres de soins palliatifs pour enrichir sa réflexion.

«Je croyais que ces endroits étaient des mouroirs d’une tristesse sans nom et finalement, je me suis aperçu qu’il s’y passait des choses extraordinaires. On y célèbre la vie. Il y a de l’humour et de l’amour. Je n’en suis pas revenu de ce que j’ai vu là», explique Denis Bouchard.

Mourir de rire

Il s’est d’abord rendu au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), puis à Aube-lumière à Sherbrooke et à La source bleue de Boucherville où il a eu droit à des répliques savoureuses.

«La mort, ça doit être le fun parce qu’il n’y a jamais personne qui revient m’a dit une dame, raconte-t-il. Une autre m’a bien fait rire quand elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas manger le chocolat que je lui offrais sinon elle n’entrerait pas dans son urne.»

Toutes ces anecdotes se retrouvent dans la pièce, dont le personnage principal, Denis, joué par Denis Bouchard, soulève une série de questionnements à la fois pour le spectateur, mais également pour lui.

«Ça m’a fait réaliser que mourir en paix n’a rien à avoir avec la foi, mais plutôt tout à voir avec la nécessité d’avoir fait la paix avec soi et ses proches. C’est une pièce sur la mort, mais c’est surtout sur Dieu», fait valoir le comédien.

Jusqu’au 12 mai, Le dernier sacrement est jouée une douzaine de fois dans les murs du CHUM pour financer sa Fondation à la suggestion du comédien Claude Meunier. Denis Bouchard, qui signe également la mise en scène avec Sarah Beauséjour, est épaulé par Sofia Blondin, Ayana O’Shun, Pascale Delhaes.

Théâtre Outremont (1248, avenue Bernard Ouest) les 17, 18 et 19 mai, 20h.

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