Hugo Lorini /TC Media Un règlement unique à Montréal sera voté en mai, à Ville de Mont-Royal, pour obliger les animaleries à s'approvisionner dans les refuges.

Les chiens et les chats vendus sur le territoire de Ville de Mont-Royal devront désormais être stérilisés et provenir de refuges animaliers. C’est en partie pour combattre le fléau des usines à chiens et à chats, «loin de faire la fierté du Québec», que la municipalité a décidé de modifier son règlement.

Bien qu’elle soit déjà en vigueur dans plusieurs des grandes villes canadiennes et américaines, cette politique en est à sa première percée à Montréal. «En changeant notre politique, on souhaite lancer un signal qui va avoir un effet d’entraînement sur les municipalités et les arrondissements voisins», s’exclame le maire de VMR, Philippe Roy.

Selon Alanna Devine, juriste et directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal, le Québec accuse un important retard en termes de règlementation provinciale et municipale. «La plupart des animaux vendus dans les animaleries proviennent encore et toujours d’éleveurs irresponsables», indique-t-elle.

Un problème qui perdure
Selon un sondage Léger Marketing publié en 2013, 500 000 animaux sont en vente sur le marché chaque année.«C’est un non-sens alors que la SPCA reçoit plus de 15 000 animaux adoptables», dénonce Mme Devine.

Selon les experts contactés par TC Media, le marché est saturé au Québec.

«On doit parfois euthanasier des chiots parce que l’on ne trouve pas de famille pour les héberger, souligne Ewa Demianowicz, responsable des campagnes pour les animaux de compagnie pour HSI/Canada. Pendant ce temps, des usines à chiots où les animaux ne sont pas nourris adéquatement et s’accouplent avec n’importe quelle race, continuent d’opérer».

Une longue bataille
Pour ramener un certain équilibre, depuis 2012, la Monteroise Barbara Lapointe tente de convaincre les élus de resserrer la règlementation de VMR concernant la vente des animaux. Celle-ci souhaite que les animaleries s’approvisionnent uniquement auprès des organisations sans but lucratif et des refuges d’animaux.

«En arrivant de la Caroline du Nord il y a sept ans, j’ai réalisé que c’était une pratique qui prenait de l’ampleur aux États-Unis et au Canada, mais pas au Québec», souligne-t-elle.

Pour pousser les élus à changer la réglementation sur les animaux, Mme Lapointe a récolté en 2014, 287 signatures de résidents de VMR.

Pour Mme Demianowicz, il est important de souligner les initiatives comme celle des citoyens de Ville de Mont-Royal, «parce que les animaleries continuent d’être un véritable canal de distribution pour les usines».

Selon elle, le problème des élevages non éthiques est aussi répandu au Québec parce que la législation s’est trop fait attendre.

«De nombreuses usines ont même quitté l’Ontario, où les lois sont plus sévères, pour venir s’installer au Québec», annonce-t-elle.

De son côté, le MAPAQ prépare actuellement un nouveau projet de loi concernant la protection sanitaire des animaux, «mais il faudra attendre que le ministre le dépose en chambre pour en connaître les détails», indique Yohan Dallaire-Boily, porte-parole du ministère de l’Agriculture.

Le règlement en vigueur depuis 2013 oblige les propriétaires et les gardiens de plus de 15 chiens à se doter d’un permis, sous peine d’être passible d’une amende pouvant varier de 600 à 12 000$.

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