Collaboration spéciale Vue aérienne d'une partie du site où CIAM veut construire son projet.

La Direction de la santé publique (DSP) s’inquiète qu’un déversement d’hydrocarbures dans les sources d’eau potable de la Ville de Montréal l’obligerait à fermer toutes ses entrées d’eau paralysant du coup les opérations de la métropole et privant les Montréalais d’une ressource essentielle.

Ces craintes ont été formulées aux commissaires du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement chargés d’analyser le projet de construction d’un terminal d’approvisionnement de carburant aéroportuaire de la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM) à Montréal-Est.

Les représentants de la DSP, Luc Lefebvre et Stéphane Perron, ont invité les commissaires à tenir compte de l’ensemble du réseau de la chaîne et non pas seulement du terminal pétrolier.

«Une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible. Là, on est en train de regarder juste le maillon le plus fort pour évaluer toute la chaîne», de mentionner M. Lefebvre.

Les entrées d’eau de la Ville de Montréal ne pouvant être fermées indéfiniment, la DSP est d’avis que des mesures préventives supplémentaires doivent être prises pour éviter un déversement. Mais surtout, si un tel incident survenait, qu’il soit détecté rapidement et que les équipes d’urgence puissent intervenir le plus tôt possible.

Pipeline Trans-Nord
Autre préoccupation de la DSP, le pipeline de Trans-Nord utilisé dans le projet longe le circuit autoroutier. Advenant une fuite, les automobilistes doivent être avisés pour ne pas se diriger dans une zone de radiation thermique. Dans une telle situation, il est primordial d’évacuer le secteur touché. Des moyens de communication doivent être envisagés et mis en place pour notamment avertir efficacement les automobilistes du danger, prévient M. Lefebvre.
Tout au long des audiences, plusieurs citoyens, organisations et groupes sont venus faire part de leurs préoccupations à l’égard du projet de CIAM.

En raison des risques, de la présence de résidences à proximité des réservoirs, des incidents survenus dans le passé avec le pipeline de Trans-Nord, les opposants au projet croient qu’il devrait ni plus ni moins qu’être rejeté.

Un avis que ne partagent pas notamment les chambres de commerces du Montréal métropolitain, de l’est de Montréal, de l’ouest de l’île et Aéroport de Montréal qui soutiennent le projet.

Ceux-ci mettant plutôt de l’avant les retombées économiques pour les entreprises locales, la création de près de 700 emplois durant la phase de réalisation, la nécessité d’assurer un approvisionnement stable et sécuritaire à l’industrie aéroportuaire, la revitalisation d’un terrain abandonné, la consolidation de la grappe logistique de l’Est et l’investissement majeur de 150M$ que représente le projet.

 

Historique du pipeline Trans-Nord
Le pipeline de Trans-Nord a été construit en 1952 et part de Namticoke, en Ontario, et passe par Toronto avant d’atteindre Montréal, où une de ses branches va à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau alors que l’autre arrive dans l’est de l’île en passant par Laval

Il est responsable de 6 des 13 incidents liés aux pipelines au Québec répertoriés par l’Office national de l’énergie (ONÉ) depuis 2008

Deux déversements se sont produits dans la grande région de Montréal en 2010, soit le 27 février à Laval et le 14 juillet à Montréal-Est

Le 30 juin 2013, Trans-Nord détectait une surpression de 10% par rapport à la pression maximale permise. Dans le rapport d’incident – ce type d’événement doit être signalé à l’ONÉ – on peut lire que deux autres événements de surpression de plus de 10% avaient eu lieu dans les 12 mois précédents, en mars 2013 et en septembre 2012, mais ces événements n’apparaissent pas sur la liste d’incidents que conserve l’ONÉ.

(En collaboration avec le journal Métro)

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