Frédérick Gingras, accusé de deux meurtres au premier degré et de deux tentatives de meurtres perpétrées dans la nuit de dimanche à lundi dans Pointe-aux-Trembles, subira une évaluation de son aptitude à subir son procès.

Une juge a accédé à la demande de la défense mardi, au palais de justice de Montréal, lors de la comparution par vidéo du jeune homme de 21 ans. L’évaluation psychiatrique se fera d’ici cinq jours à l’Institut Philippe-Pinel. L’accusé sera de retour en cour le 16 décembre.

«C’est sûr qu’il est de connaissance commune que monsieur est aux prises avec une problématique de santé mentale qui ne date pas d’hier. Ça fait partie de l’ensemble des éléments qu’on devra analyser» a mentionné son avocat, Kaven Morasse, au sortir de la salle d’audience.

Il lui est également interdit, en vertu d’une ordonnance de communiquer avec les victimes des tentatives de meurtre et leurs proches.

«C’est une mesure de protection. Ce ne sont pas forcément des gens qu’il connaît spécifiquement, mais on veut s’assurer que jusqu’au moment de sa comparution, il n’y ait pas de risque», a expliqué la procureure de la Couronne Catherine Perreault.

Vêtu d’une chemise bleue, l’accusé a paru calme lors de sa comparution. Il a salué la caméra lorsqu’il est entré dans la salle où il était filmé. Plus tard, il a également demandé à ce qu’on lui explique la liste des personnes visés par l’ordonnance, ne reconnaissant pas les noms énumérés par la Couronne.

Si Frédérick Gingras n’est pas jugé apte à comparaître, il recevra un traitement de force à Pinel, jusqu’à ce qu’il devienne apte, a indiqué la procureure de la Couronne.

Frédérick Gingras

Gingras est accusé d’avoir abattu Chantal Cyr, une mère de famille qui allait chercher sa fille au travail dans une station-service de Pointe-aux-Trembles. Il aurait également assassiné James Jardin, un homme retrouvé mort dans un appartement du même quartier.

Il est également soupçonné d’avoir tenté de tuer Gérard Lalonde et Annie Baillargeon.

Depuis 2014, l’accusé a eu plusieurs démêlés avec la justice, notamment pour voies de fait, avoir proféré des menaces, harcèlement criminel et fraude.

À la mi-novembre, Frédérick Gingras a écopé d’une peine d’un jour d’emprisonnement et d’une probation de trois ans pour avoir frappé sa mère. Celle-ci a mentionné à plusieurs médias que le jeune homme a des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Parmi les conditions qui avaient été imposées par la justice, il devait demeurer sobre et suivre un traitement pour ses problèmes psychiatriques, des mesures qu’il n’aurait pas respectées. Selon un proche, la famille de Frédérick Gingras ne souhaitait pas que l’accusé recouvre sa liberté, craignant que son état de santé puisse dégénérer.

Frédérick Gingras a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi au terme d’une importante chasse à l’homme qui a commencé à Pointe-aux-Trembles et qui s’est terminée à Brossard, sur la Rive-Sud de Montréal. Après avoir fait une sortie de route dans un fossé près du centre commercial Dix/30, le suspect a pris la fuite à pied avant que le Service de police de l’agglomération de Longueuil ne l’arrête.

La Couronne admet avoir conservé «l’essentiel des chefs d’accusation», mais indique que d’autres pourraient être portés, selon la preuve divulguée en cour. «Mais je peux dire que des chefs sont portées à l’encontre de toutes les victimes. On ne s’attend pas à trouver des victimes supplémentaires», a déclaré la procureure Perreault.

Manque de ressources
Des organismes en santé mentale déplorent le parcours de Frédérick Gingras et ses gestes présumés de la fin de semaine. Devant «l’énorme tragédie» qu’ont vécue les victimes, une porte-parole réclame plus de services de proximité pour éviter ce genre de situation.

«Sa mère qui a cherché de l’aide et qui n’en a pas trouvé, ça non plus c’est pas normal. C’est pas normal qu’une mère soit terrorisée par son fils», mentionne Doris Provencher, directrice générale de l’Association de groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec.

«Il faut une variété d’outils et de services, pas juste l’internement, la contention ou la médication forcée. La garde forcée crée une frustration à la longue», ajoute Mme Provencher.

 

 

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